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Auteur Sujet: Genèse d'un texte.  (Lu 634 fois)

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Weerk

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Genèse d'un texte.
« le: 17 novembre 2006 à 18:39:30 »

Plutôt que de vous expliquer ma méthode d'écriture, je vais vous proposer un exemple complet. Si si...

Trois  petites choses tout de même avant de débuter:
* je n'écris que sur papier.
* tout ce qui est en orange est ce que je ne compte pas conserver pour la version finale du texte.
* tout ce qui est en vert concerne des commentaires personnels.

Je vais partir d'un pseudo premier jet que j'ai posté pour une Première Plume. (Certain reconnaîtront).

L’impacte fut si fort qu’il lui sembla que la terre entière se fissurait. Il s’attendait à souffrir. Il s’y était mentalement préparé, mais il s’était imaginé que la douleur, plutôt que de se montrer si violente et si soudaine, aurait été plus progressive. Or il ne contrôla plus rien tant elle était impitoyable.

Ses muscles se recroquevillèrent et des convulsions le secouèrent. Il se tortilla dans tous les sens, à même le sol, pantin désarticulé commandé par un marionnettiste retord. Il crut que tous ses os s’effritaient. Ses yeux s’enfoncèrent dans leurs orbites, comme compressés par une force herculéenne. Ses entrailles se révulsèrent. Il se mit à écumer un mélange âcre de salive et de bille. La seule répercussion des battements affolés de son cœur dans sa poitrine lui parut être autant de coups de massue assénés par un bourreau invisible. La certitude qu’il allait se disloquer, couvrant de ses tripes les liturgies gravées sur les parois blanches du caisson dans lequel ils l’avait enfermé s’empara de lui.

Alors que la lourde porte de sa pièce de souffrance avait été refermée sur lui, le laissant seul avec son espoir et sa peur, il s’était promis de ne pas se plaindre. Pourtant, avant de s’évanouir, il poussa un hurlement de bête blessée.

Combien de temps resta-t-il inconscient ? Il n’aurait pas su le dire. Son esprit vagabondait de pensées furtives en songes troublants dans un univers peuplé de grandes croix noires et muettes. Devant elles il est l’enfant envieux qui regarde des jouets qu’il ne pourra jamais s’offrir. Elles sont si belles, si pures et encore si inaccessibles. Sur l’une d’elle il distingua, fixé par un sceau de cire rouge vif, un morceau de parchemin jauni par le temps. Il s’approcha et lut :

Oui, elles ont frappé ma prunelle, toutes les oppressions qui sous les disques ardents des soleils sont l’œuvre des impurs. Voici les fleuves amers qui suintent du calvaire des dominés, et il n’y a pour les consoler que nous !
La force est l’attribut du mal et il en œuvre avec science. Et il n’y a pour assécher leur eau et sucer leur sel que notre Sainte Justice.
J’affirme les morts plus heureux de leur sort que les dominés, mais plus encore qu’eux les porteurs de la croix car il apportent la paix.

Livre I : Naissance de la Haine Introduction..

Finalement, des voix lointaines et cotonneuses auxquelles il se raccrocha le sortirent de son demi-sommeil. Il écouta et son espoir d’un jour arborer fidèlement les marques de son engagement se raviva :

- Alors frère apothicaire Silvigius ? Quels sont les résultats de cet aspirant novice ?

- Il est pur frère connétable. Il a très bien résisté. S’il survit à la suite de l’initiation, nous aurons une bonne recrue pour l’ordre.

Telle une lancinante litanie, il se répéta alors : » Je serais un Templier Noir. Je serais un Templier Noir….. »


A partir de là, le texte est brut: aucune correction (j'ai fait l'effort de le laissé tel quel lorsque je le tape.)

L'impact fût si fort qu'il lui sembla que la terre entière se fissurait. Telle une onde implaccable, la douleur s'empara de lui avec une violence et une rapidité qu'il n'aurait pas pu imaginer. Il s'y était pourtant préparé. Il avait passé la nuit précédente seul dans la chapelle de la forteresse. Agenouillé sur les dalles de granite froid, il avait mis à profit ces heures de méditation et de prières pour se convaincre qu'il réussirait cette épreuve. Il se l'était répété maintes et maintes fois.

Aussi c'est confiant qu'il avait suivi le frère venu le chercher au petit matin. Il avait posé sa main calleuse sur son épaule et lui avait murmuré à l'oreille qu'il était temps et qu'il fallait qu'il le suive.

Aussi c'est confiant qu'il avait suivi le frère qui, au petit matin, était venu poser sa main calleuse sur son épaule et lui avait murmuré à l'oreille qu'il était temps.

Alors qu'ils descendaient dans les entrailles de la forteresse, il s'efforça de ne pas penser à ce qui l'attendait. Il fixa son attention sur ledos de son guide. Plus grand que lui, il était aussi plus large d'épaule.

Alors que son guide le conduisait dans les entrailles de la forteresse, il ne fixa pas ses pensées sur ce qui l'attendait. Il se remémora son arrivée, sa première nuit passée dans un dortoir qui aurait pu acceuillir une centaine de personnes, sa journée passée à répondre à une multitude de questions.

Ben oui: comme je n'ai pas de plan mais seulement une vague idée de ce que je veux faire, les versions peuvent être multiples. En fait j'écris par tronçons successifs. Chaque tronçon étant écrit d'une traite.


Alors que son guide le conduisait dans les entrailles de la forteresse, il refusa de fixer ses pensées sur ce qui l'attendait. Il préfera se demander pourquoi il avait vu si peu de monde dans un édifice aussi grand. Il entreprit alors de dénombrer mentalement tous ceux qu'il avait croisés et arriva à la conclusion qu'il n'avait vu que cinq personnes différentes. Il y avait d'abord eu les deux gardes de l'entrée dont les glaives étaient enchaînés à leurs poignets. Venait ensuite un homme dont la moitié du visage avait été horriblement brûlé. Un quatrième qui s'était présenté comme étant le Sénéchal Wolfiis et qui lui avait posé une multitude de questions. Enfin, il y avait son guide actuel qui, la veille, l'avait conduit à la chapelle.

Ils s'arrêtèrent devant une porte magnifiquement ouvragée.
-C'est ici. Toi seul peux poursuivre.
-Bien.
-Que la bienveillance de l'Empereur soit avec toi.



Ils s'arrêtèrent devant une porte magnifiquement ouvragée.
-C'est ici aspirant novice. Toi seul peux poursuivre.
-Bien s'entendit-il répondre.
-Que la bienveillance de l'Empereur soit avec toi.

Il ouvrit donc la porte et, après une grande inspiration, pénétra dans une pièce dont les murs, le sol et le plafond étaient blancs.

Il réalisa alors que décidement, il n'était pas prêt. Face à cet impact fulgurant il ne contrôla plus rien, s'abandonnant à la terrible souffrance qui l'assaillait.

Face à l'impact fulgurant qui l'assaillit dès que la porte fût refermée derrière lui, il réalisa que finalement il n'était pas prêt pour une telle épreuve. S'abandonnant à la terrible souffrance qui s'emparait de lui, il ne contrôla plus rien. Ses muscles se recroquevillèrent. Des convulsions le secouèrent. Il se tortilla, à même le sol, pantin désarticulé dirigé par un marionnettiste sadique. Il lui sembla que ses os s'effritaient. Ses yeux s'enfoncèrent dans leurs orbites. Des larmes de sang coulèrent sur ses joues. Ses entrailles se révulsèrent. Il écuma un mélange âcre de salive et de bille.
Dans une pièce voisine, le Sénéchal Wolfiis se tenait debou, les bras croisés, derrière le Frère Apothicaire Aurélius. Il regardait sur un écran de contrôl l'aspirant novice se tordre de douleur tandis qu'Aurélius s'activait sur un pupitre de commande.
-Alors Frère Aurélius? Nous en sommes où?
-Il résiste plutôt bien. Je dirai que nous en sommes déjà à un seuil qui se situe légèrement au dessus de la moyenne.
-Bien... continuons.

A suivre

Voili voilo
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