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Auteur Sujet: Le Temple de Khaine  (Lu 2037 fois)

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SonOfKhaine

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Le Temple de Khaine
« le: 15 septembre 2007 à 21:27:05 »

La Purge de Teufelhof

"Nous étions sept, comme avant. Les six meilleurs chevaliers du Cercle Intérieur de l'Ordre du Lion de Sigmar, et Kristof Heilhammer, un prêtre-guerrier. Il était aussi bien équipé qu'un tel homme pouvait l'être, l'éclat de jade qu'il portait prouvait qu'il avait été récompensé par le Grand Théogoniste en personne, et il haranguait la foule avec un discours enflammé sur la nécessité de purger Teufelhof du mal qui le hantait. La milice allait combattre dans le but de nettoyer les environs de leurs villages, mais nous allions nous battre pour une toute autre raison...


Il était à peine cinq heures, pourtant le ciel commençait déjà à s'obscurcir : Son antre n'était pas loin. Alors que nous arrivions en vue du village désert et que les ténèbres étaient telles qu'elles masquaient la lumière du soleil, nous vîmes enfin l'ost de la non-vie en face de nous, plein nord. A l'ouest se trouvaient les ruines de Teufelhof, et à l'est un torrent entouré de marécages bordait le futur champ de bataille. Il se tenait au centre de Son armée, accompagné d'une cinquantaine de revenants équipés de lourdes armures finement ouvragées, d'antiques lames et de boucliers ornementés indiquant leur appartenance à une lignée éteinte depuis longtemps. Un lion rouge sur fond noir, Son blason, se dressait sur leur étendard. Un nombre un peu plus important de squelettes, séparés en deux groupes, et uniquement équipés de lances rouillées tenaient les flancs. Le nécromancien qui les avait invoqués pour L'assister était invisible, se cachant sans doute derrière ses troupes. Hanz Lichtzauber, le hiérophante qui avait pour but de contrer ses sortilèges, ou mieux, de le détruire, fronça ses sourcils d'un blond éclatant pendant que Kristof organisait nos troupes. Nous chevaucherions avec lui au centre, afin de Le détruire, et nos flancs seraient couverts par un quarantaine de miliciens de chaque côté qui retiendraient les squelettes avec l'aide de la quinzaine de flagellants qui aiderait chacun de deux régiments. Hanz serait sur le flanc droit, chargé d'anéantir le plus possible d'abominations mort-vivantes et de contrer la magie du nécromant en attendant qu'il se montre. Il avait rejoint les rangs du régiment de la milice en nous assurant qu'il pourrait sans problèmes charger avec eux le moment venu.

Quand le prêtre-guerrier eut fini ses exhortations, chacun se je jeta dans la bataille, hurlant des cantiques de dévotion à Sigmar, sauf nous. Nos visages étaient fermés et tristes, mais c'était notre devoir sacré, et nous l'accomplirions. Nous chevauchâmes lentement, pour ne pas trop épuiser nos montures ni distancer les fantassins, gênés par la relative étroitesse de la plaine qui était rétrécie par les champs et les marais. Hanz réduisit une poignée de squelettes en cendres d'un regard embrasé, mais des morts sortirent de terre pour les remplacer. Un petit rayon de lumière pure jaillit de la main ouverte du mage, renforcé par les pieuses litanies de Kristof. A peine levés, ils s'écroulèrent. Alors que le prêtre rendait grâce à Sigmar et récitait une prière qui fit luire son lourd marteau de guerre, un tourbillon rougeâtre enveloppa les gardes des cryptes, et les efforts combinés des deux meneurs ne purent rien y faire. Alors Il nous chargea, accompagné de Sa garde, qui courait aussi vite que Son destrier mort-vivant au galop.

Son armure de plates complètes était usée et fracassée en de nombreux endroits, laissant voir une cotte de mailles maculée de sang en dessous. Sa lance de cavalerie avait dû être brisée depuis longtemps, Son bouclier enchanté était rouillé et Sa Lame était légèrement ébréchée près de la garde. Ses traits émaciés et creusés étaient d'une pâleur mortelle, empreints de tristesse en nous regardant, mais Ses yeux rouges pâle s'embrasèrent de rage à la vue de celui qui nous accompagnait. Les quatre revenants qui étaient à côté de lui frappèrent Kristof, il para tous leurs coups, mais il ne pût Lui résister. Il déversait ses coups à une vitesse inimaginable, plus rapide que notre grand maître lui-même. Le premier coup fut évité, le second repoussé par l'éclat de jade qui se brisa, puis, hurlant de haine, Il frappa le genou de la monture, jetant son cavalier à terre. Il lui perfora à la fois le plastron d'acier, la cotte de maille et le ventre d'un seul coup d'estoc, retira sa lame, lui trancha le bras droit alors qu'il s'apprêtait à riposter et décapita le prêtre agonisant. Quand à nous, nous parâmes adroitement plusieurs coups des gardes des cryptes, et de nombreux autres ne purent percer nos armures d'acier. En ripostant, chacun de nous abattit son ennemi, sauf moi qui en tua un second et ma monture qui fracassa un crâne et se cabrant.

Confiants, alors que nous nous préparions à reprendre le combat, la brève lueur d'un éclair nous dévoila toute l'ampleur de notre folie : nous étions à plus de un contre six, et face à nous se dressait un guerrier capable de vaincre sans problèmes le meilleur d'entre nous. Sentant notre hésitation, nos destriers s'affolèrent et fuirent. Les miliciens s'écartèrent, mais se préparèrent à combattre les revenants qui se ruaient vers eux. Réalisant soudain la profondeur de notre lâcheté envers ces pauvres paysans qui allaient se faire massacrer et envers notre ordre dont l'honneur risquait d'être terni à jamais, nous fîmes demi-tour. La fortune Lui faisait à présent défaut, et Sa furie L'avait trahi, car Il s'était très largement éloigné de la ligne de bataille, découvrant les flancs de Sa garde aux flagellants ainsi qu'au second régiment de miliciens, qui restèrent malheureusement tétanisés face aux morts-vivants. Je ne puis m'empêcher de penser que si seulement ils avaient pu trouver un peu plus de courage au fond de leurs coeurs, tout ceci se serait beaucoup mieux fini... Le sorcier carbonisa environ une dizaine de squelettes alors que les paysans terrifiés restaient sur place en bloquant le passage aux flagellants qui les accompagnaient.

Tout le premier rang des miliciens fut balayé, prés d'un vingtaine d'entre eux périrent, dont une douzaine de Sa lame. Les flagellants en abattirent une dizaine, et les derniers miliciens, un peu plus de vingt, reprirent légèrement courage, mais finirent par céder et s'enfuirent en hurlant. Ils ne furent pas poursuivis grâce aux flagellants, et ils nous laissèrent ainsi la place de charger à nouveau afin de laver notre honneur et d'avoir une chance de L'anéantir. Les squelettes continuèrent à avancer, rattrapant leur retard. Le premier régiment chargea les flagellants et le second couvrit le flanc est afin d'empêcher les miliciens de tenter une nouvelle charge contre les gardes des cryptes. Les flagellants étaient si endurcis qu'ils ne prêtèrent aucune attention aux squelettes, pas plus qu'aux lames des revenants, et ripostèrent comme des déments, mais ils étaient fatigués par leurs lourds fléaux et n'infligèrent que peu de pertes. Le nécromancien tenta de ressusciter de nouveaux serviteurs, mais il fut contré par Hanz, qui dépensa toute son énergie. Il savait qu'il ne pourrait pas contrer le second maléfice, mais une explosion secoua le champ de bataille : le mage noir avait perdu le contrôle de son sort et venait de se propulser dans un marais.

Hanz saisit l'occasion et se nimba d'une blanche lumière en menant ses miliciens à l'assaut. Il était à nouveau temps de combattre, et nous chargeâmes vaillamment. Un seul d'entre nous réussit à Le toucher, et il lui passa sa lance de cavalerie à travers le corps et son armure rouillée, mais ce n'était pas suffisant, seul un mince filet de sang s'écoula de sa blessure qui aurait pourtant tué sur le coup n'importe lequel d'entre nous. Ceux qui étaient trop loin pour Le frapper attaquèrent sa garde, et en détruirent une poignée. Les revenants ripostèrent, mais ils ne purent percer nos armures. Son visage perdit sa tristesse à la vue de Sa blessure, mais il n'était pas possédé par la folie sanguinaire qui l'habitait quand il avait massacré Kristof, sans compter le fait que nous disposions de meilleures armures. Un seul d'entre nous fut gravement blessé, au torse je crois, il tomba de son destrier et fut piétiné par Sa monture cauchemardesque. Cette fois, une dizaine morts-vivants s'écroulèrent.

La charge des miliciens pulvérisa les squelettes, et il se ruèrent en avant, s'arrêtant juste devant le marais où se terrait le nécromant. Un autre d'entre nous succomba, blessé au bras puis le crâne fracassé par Son bouclier. Nos attaques furent sans effet, il les paraît ou les esquivait. Epuisés, les flagellants ne furent d'aucune utilité. Le nécromancien se releva, rassembla ses pouvoirs, mais s'écroula, le crâne pulvérisé par un rayon lumineux. Il commençait à fatiguer, et aucun d'entre nous ne fut blessé. Les flagellants du flanc est arrivèrent, semant la désolation parmi les revenants. Les derniers squelettes cessèrent d'obéir à la volonté impie qui les animait, ainsi que bon nombre de gardes des cryptes : Sa garde ne comptait plus que six membres. Il tua malgré tout encore un d'entre nous, tout en restant invulnérables à nos attaques. Les derniers revenants arrêtèrent enfin de parodier leur ancienne vie ayant pris fin il y a des siècles. Seul, Il se tenait encore debout, monté sur son destrier mort-vivant. D'un cri de rage, il abattit encore deux d'entre nous, tailladant les chairs et fracassant les armures. Il para en éclatant d'un rire d'outre-tombe les attaques désordonnées des flagellants fourbus qui se massaient autour de lui. J'étais à présent seul au milieu des cadavres de mes anciens frères d'armes, Il para ma tentative déseperée en me désarmant d'un revers de Sa lame puis Il frappa à nouveau en transperçant mon bouclier et me toucha à la gorge.


A terre, à travers le flot de sang qui voilait ma vision, je le regardais une dernière fois et sût que personne au monde ne serait capable de vaincre Marius Hortsmann, ancien Premier Chevalier du Cercle Intérieur de l'Ordre du Lion de Sigmar et Vampire Dragon de Sang de Teufelhof."

J'ai fini 1er sur 2, 11 voix à 6, mais j'ai conscience que c'est grandement perfectible... En fait c'est plutôt pourri mais bon  ;D
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SonOfKhaine

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Re : Le Temple de Khaine
« Réponse #1 le: 22 novembre 2007 à 19:07:52 »

Un petit deuxième, provenant du même forum agonisant :

Les Sables du Désert


Année Impériale 2481, Zandri

Les sables du désert. Tout est calme, un silence irréel règne à proximité du tombeau du prince Anerakotrk. Seuls quelques os blanchissent sous le soleil de plomb, derniers vestiges des inconscient venus piller la nécropole. Lentement, les sables du désert les ensevelissent.

Et dire que quelques instants plus tôt, nous étions en train de plonger nos mains dans un fleuve de pièces d'or. Tout était parfait, pas une créature vivante pour nous déranger... A présent, c'est la même chose. Toujours pas une seule créature vivante, mais une horde de squelettes qui nous barre la route vers nos bateaux. Le comte Schuvaltz va avoir de mes nouvelles, si jamais on s'en sort. Tout ça pour quoi ? Fortifier son château miteux, perdu en plein milieu des Principautés Frontalières... Il faut absolument tenter de forcer le passage, de se tailler un chemin à travers cette masse d'ossements. J'ordonne à mes capitaines de mettre les hommes en position : cinq cent mercenaires, des tilléens, des estaliens, des bandits et des pirates.

Tout est paré, il ne me reste plus qu'un seul ordre à donner : « Chargez ! ». Nous nous élançons sur le sable fin et glissant du désert alors que leurs archers décochent leurs flèches, et certaines, guidées par une volonté malfaisante, tombent en plein milieu de nos rangs. Un pirate de Sartosa s'effondre, la gorge percée. Alors que nous sommes tous proches, j'ordonne de faire feu. Les claquements des pistolets sont bientôt suivis du son des os brisés, et je recharge mon arme en même temps que je parcours les derniers mètres. Des traits retombent à nouveau du ciel alors que les combats s'engagent. Ma lame brise les côtes de mon premier opposant, je fais éclater le crâne du second en pressant la détente, pare un coup de lance avant d'arracher le bras qui la tient et de la ficher dans le sternum de son porteur. Ils sont bien trop lents pour réagir, et nous nous engouffrons dans la brèche qu'ils fixent sans esquisser un seul mouvement.

Je fait voler en éclats la nuque d'un autre squelette avec la crosse de mon pistolet. J'ai perdu le compte du nombre d'adversaires que j'ai éliminé, mais il en reste toujours plus. Un tilléen laisse échapper un râle : une pointe de lance lui a percé le coeur. Il ne tarde pas à se relever et à empaler son voisin le long de son épée, mais je lui tranche la gorge avant qu'il ne continue. Un peu partout, squelettes et hommes se relèvent, rejoignant les rangs de l'armée de la Mort. D'un coup de coude, je brise la cage thoracique du lancier qui me bloque le passage. J'enfonce mon poignard jusqu'à la garde dans le ventre d'un bandit ressuscité et envoie valser, d'un crochet du droit, le crâne de son meurtrier. Nous n'avons parcouru que la moitié du chemin, et notre avancée est presque stoppée. Hurlant de rage, je frappe du plat de la lame, fracassant la colonne vertébrale d'un squelette avant d'envoyer son voisin au sol d'un coup de pied. Glissant le long du fil de mon sabre, une pointe de lance légèrement rouillée me blesse au bras.

Haletant à cause de la chaleur torride, je me défais d'un autre ennemi, aidé de Gaston, mon second. Je dois avoir deux ou trois blessures, et je sens mon sang couler le long de mon dos et dans ma manche gauche. Ma chemise est collante à cause de la transpiration, j'ai perdu ma dague et je sens à peine mon bras droit. Un instant, je faillis demander à Sigmar de m'aider, puis je me souvins que j'avais quitté l'Empire pour échapper à ce genre de sottises. Quel dieu me restait-il à prier ? Ulric, Taal ? Quel dieu pouvait faire quoi que ce soit face à la Mort ? Alors qu'il ne reste guère plus de quelques dizaines d'hommes en vie, je vois l'élite des morts-vivants. Armés de lames de bronze recourbées, de boucliers rectangulaires et d'armures ornementées, ils se dressent juste devant les navires. Les lanciers et les morts relevés continuent de nous attaquer, nous sommes sur la défensive. Je réussis, avec difficulté, à abattre un des guerriers partiellement momifié, qui est immédiatement remplacé par un autre. J'entrevois un éclair doré et Gaston s'affale, décapité, tandis que mes derniers hommes qui tentent de résister à la marée d'os périssent.

Je suis seul face à mon adversaire. Ce doit être un ancien prince ou un roi, sa chair déliquescente enroulée dans des bandelettes exhale une odeur fétide; sa lame, son armure et son lourd diadème serti de rubis scintillent d'une lueur éblouissante. Sans qu'il ait donné un seul ordre, ses soldats s'écartent, et parmi eux je peux reconnaître quelques uns mes compagnons. Je m'élance et frappe, mais il bloque mon arme d'un mouvement si rapide qu'il en est presque flou. Alors que je me dégage et attaque à nouveau, il m'entaille profondément le poignet et je lâche mon arme tandis que sa lame fend l'air avant de m'ouvrir le ventre. Je m'effondre dans la poussière alors qu'il s'approche lentement. Il se penche sur moi, et ses orbites vides me fixent sans aucune émotion, tel la Mort en personne. Alors, il abat son arme, et tout devient noir.

Les sables du désert. Tout est calme, un silence irréel règne à proximité du tombeau du prince Anerakotrk. Seuls quelques os blanchissent sous le soleil de plomb, derniers vestiges des inconscient venus piller la nécropole. Lentement, les sables du désert les ensevelissent.

Librement inspiré du scénario 2 du livre de règles Warhammer Battle V6.

Fini deuxième sur deux cette fois, 5 voix à 2. Faut dire qu'il y avait un vrai texte en face, cette fois.
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akhanor

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Re : Le Temple de Khaine
« Réponse #2 le: 12 décembre 2007 à 09:55:57 »

Bonjour,
Que voulez-vous que je vous dise?  :o
J'avoue que jusqu'à maintenant, je n'ai encore le courage de soumettre un texte à l'appréciation de tous parce que l'univers dans lequel vous nous faites vivre m'est encore inconnu et peut être aussi parce que j'ai la frousse  :P. Cela dit, je me permets de vous donner mon avis sur le premier texte du moins parce que je l'ai presque fini. Je crains qu'il ne faille réduire davantage la part de la description dans votre récit parce qu'il me semble que la vitesse à la quelle se déroule l'action n'est pas ce que nous pourrions qualifier de palpitante pour une bataille et qui plus est dans un texte court. Néanmoins, je sens une certaine préparation en amont qui se reflète par la richesse des détails de la description. Dommage que cela ait produit le tout contraire de ce qu'on en attendait. La cohérence est certainement au rendez-vous et je suis facilement arrivé à voir le terrain des opérations: les ennemis qui s'observent à la manière d'un western, l'atmosphère qui est chargée d'électricité, il ne manquait plus que la musique. Du reste, je vous encourage à persévérer car il me tarde de vous relire.
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Atorgael

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Re : Le Temple de Khaine
« Réponse #3 le: 12 décembre 2007 à 23:06:36 »

Citer
J'avoue que jusqu'à maintenant, je n'ai encore le courage de soumettre un texte à l'appréciation de tous parce que l'univers dans lequel vous nous faites vivre m'est encore inconnu et peut être aussi parce que j'ai la frousse  Tire la langue. Cela dit, je me permets de vous donner mon avis

L'univers qui est décrit ici est certes assez bien connu de la plupart des auteurs du site, mais rien n'empêche personne de proposer autre chose, au contraire. Certains s'y sont essayé avec brio, donc ...

Quant aux critiques, je les trouve plutôt bien exprimées et je suis assez en accord avec elles. Beau boulot.

Atorgael
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Baal-Moloch

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Re : Re : Le Temple de Khaine
« Réponse #4 le: 13 décembre 2007 à 13:47:18 »

J'avoue que jusqu'à maintenant, je n'ai encore le courage de soumettre un texte à l'appréciation de tous parce que l'univers dans lequel vous nous faites vivre m'est encore inconnu et peut être aussi parce que j'ai la frousse  :P.
rien ne t'empêche de nous proposer des textes issus d'autres univers, hein. ;)
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SonOfKhaine

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Re : Le Temple de Khaine
« Réponse #5 le: 27 juin 2008 à 20:11:41 »

Tiens donc, je l'avais oublié ce sujet. Sans doute parce que je n'ai pas grand-chose à y mettre. Sauf ça. Le thème était catastrophes naturelles, et je ne souviens plus exactement de ma place, qui n'était guère brillante six jeunes m'abusent.


L'orage de la folie

   Anqrawstu. Une ville comme les autres, l'une des nombreuses ruches de l'abeille humaine. Forges, boulangeries, chapelles, casernes et habitations foisonnaient, rendant les rues étroites et insalubres. Pour cette raison, malgré la Maison qui leur était réservée, peu d'Elfes se rendaient ici, et ceux qui le faisaient n'y restaient guère.

Les nuages noirs s'approchaient à une vitesse alarmante de la cité, obscurcissant le ciel et masquant le soleil à son zénith. Dans les monastères, les moines se mirent à prier Anqeov pour qu'il repousse les ténèbres de Katehgorov. Tous se hâtaient pour se mettre à l'abri de l'orage imminent, mis à part les rares voyageurs elfiques, qui arpentaient les rues dans un but qu'eux seuls connaissaient et sans se soucier le moins du monde des caprices de la nature, avec laquelle ils vivaient en parfaite harmonie.

L'un d'entre eux se nommait Palerans. Son histoire, son apparence et même son nom n'ont en réalité aucune sorte d'importance. Il se dirigeait vers la campagne, à la recherche de plantes médicinales pour sa femme malade, parcourant les ruelles de pavés gris et inégaux, vides d'humains orduriers mais pleines des ordures humaines que ceux-ci éparpillaient immanquablement. Seuls quelques rats et autres animaux à moitié domestiqués erraient dans la cité. L'Elfe, qui aimait d'habitude communiquer avec la faune, n'éprouva qu'un dégoût méprisant pour eux. Terre, eau, air, plantes, animaux, tout ce que les hommes exploitaient finissait par n'être plus que l'ombre de lui même, une copie dénaturée, une grotesque parodie.

Au moment où il passait enfin les portes de cette ville détestable, l'orage éclata. Un éclair fusa dans les ténèbres, éblouissant ses yeux parfaitement adaptés à la faible lumière qui filtrait à travers les nuages. Le tonnerre gronda comme une bête féroce mais contrairement aux mortels couards, il considérait que même les plus sanguinaires des fauves avaient leur place en ce monde, certainement bien plus que les hommes qui s'agenouillaient vainement devant des statues qui étaient l'oeuvre de leurs mains malhabiles pour célébrer des dieux qui étaient l'oeuvre de leurs esprits étroits.


La foudre avait touché un toit de chaume, qui prit instantanément feu. Nul n'était dehors pour voir les flammes lécher la paille, encouragée par le vent levant. Tous étaient en train de prier, dans les chapelles ou calfeutrés dans leurs maisons et nul ne vit l'incendie se propager lentement aux maisons voisines. Quand un diacre qui allait chercher de l'encens à brûler passa par là, il donna l'alerte, mais il était déjà trop tard. La nouvelle se propagea avec encore plus de célérité que l'incendie. Dans les âmes fertiles labourées par la crainte germèrent les graines de la panique.

Certains commencèrent à vouloir jeter le peu d'eau qui pouvait se trouver sur les langues flamboyantes. Les prêtres les arrêtèrent, prêchant à ceux qui se trouvaient là qu'il s'agissait d'une épreuve d'Anqeov pour mettre leur foi à l'épreuve. Aidés par les gardes, ils firent s'agenouiller des centaines de personnes pour chanter des cantiques. Certains récalcitrants furent sommairement exécutés pour l'exemple, les autres frappés jusqu'à ce qu'ils tombent à terre. Les soldats, ne demandant qu'à assouvir en toute liberté leurs pulsions violentes et à évacuer la tension qui montaient, transpercèrent parfois de leurs lances ceux qui avaient fini par obtempérer.

Quelques minutes plus tard, un second incendie débuta, dans un autre quartier de la ville tout aussi empli de matières inflammables. Ceux qui refusèrent de participer aux pénitences collectives mises en place furent immolés par les bûchers grandissant dont on leur imputait la création à leur incroyance. L'hystérie collective se déchaîna, chacun se mit à se flageller ou à aller dénoncer les voisins dont la foi n'était pas exemplaire. Toute latitude était donnée aux haines et aux envies, le sang se mêla à la fange et les cadavres aux ordures.

Effrayés, certains tentèrent de fuir en se précipitant du haut des remparts. La plupart mouraient sur le coup, mais les plus malchanceux survivaient, leurs nombreuses fractures les empêchant de se relever. Ils restaient là en proie aux hémorragies et parfois, des sentinelles dés?uvrées se distrayaient en s'entraînant au tir à l'arc sur eux, les achevant ou au contraire, aggravant leurs abominables souffrances.


Palerans parcourait inlassablement les bois. A cause des bûcherons et des chasseurs, tout l'équilibre naturel avait été bouleversé. Les plantes dont il avait besoin s'étaient fortement raréfiées depuis son dernier voyage dans la région, il y avait quelques décennies de cela. Il murmura quelques insultes à l'encontre de cette race stupide et irrespectueuse, puis reprit sa recherche, sans se douter qu'il avait bien plus de raisons d'en vouloir aux hommes.


Devant une telle folie, les Elfes se préparèrent à quitter Anqrawstu. Ils en furent empêchés, et quand certains tirèrent les armes, ils furent hués comme agents de Katehgorov. Forcé de repousser la foule de plus en plus agressive, l'un d'entre eux plongea sa dague dans le coeur d'un homme qui se préparait à le frapper au visage de son gourdin. En quelques secondes, les gardes et tous ceux qui se trouvaient là assaillirent les Elfes. Malgré leurs talents martiaux et leur équipement de meilleure qualité, ils furent submergés par le nombre. Envahis par le désespoir, leurs archers abattirent froidement tous les clercs qui se trouvaient à portée.

Ceux qui ne moururent pas finirent enfermés dans la Maison, à laquelle le feu avait été bouté, ou suspendus aux clochers des églises, la tête en bas. Tous ceux qui erraient en solitaires dans les rues furent considérés comme des membres de la race elfique et furent tués sur-le-champ. De même, les serviteurs auxquels on avait ordonné d'obéir aux quatre volontés des hauts représentants du peuple immortel finirent pendus, et leurs corps furent donnés en pâture aux chiens.

Enfin, tandis que la ville s'embrasait totalement, toute la population fut forcée de rentrer dans tous les lieux de cultes que l'on pouvait trouver. La place manquant, nombreux furent ceux qui subirent l'ordalie. Les malheureux qui n'étaient pas jugés purs furent cloués aux portes des constructions sanctifiées pour repousser les flammes. Les cris de peur, de douleur et de dévotion masquaient le ronronnement insatiable des incendies. Portes et boiseries finirent par être dévorées, elles aussi. Meubles et tapisseries furent touchées pas les étincelles. Une nouvelle fois, les incrédules qui tentèrent de s'enfuir subirent le courroux des prêtres et des gardes.

Les hurlements des innocents dévorés par les flammes devinrent plus puissants que les chants des plus chanceux. Habits, cheveux et chairs s'embrasaient. Même les toges blanches aspergées d'eau bénite des prêtres ne les protégèrent pas. Enfin, le calme revint. Seul restait le doux ronronnement des flammes qui s'éteignaient enfin grâce à l'arrivée tardive de la pluie.


Palerans revient vers la cité. Il n'y trouva que des corps calcinés et lacérés au milieu des braises fumantes. Il erra parmi les ruines, se raccrochant au peu d'espoir qu'il lui restait de revoir sa femme. Enfin, il la trouva. Suspendue par les pieds à une gargouille de la cathédrale dévastée par l'incendie. Il avait un goût amer dans la bouche, comme s'il avait avalé les monticules de cendres qui se trouvaient un peu partout. Même en harmonie avec la Nature, les Elfes n'étaient pas à l'abri de ses caprices. Pourtant... quelle était la catastrophe qui avait fait le plus de dégâts ?
« Modifié: 30 juin 2008 à 09:44:23 par Atorgael »
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Victor

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Re : Le Temple de Khaine
« Réponse #6 le: 29 juin 2008 à 13:26:29 »

Allez hop un petit commentaire sur chaque texte.

Premier texte:
Le problème de ce texte selon moi c'est qu'on croit lire un rapport de bataille: le terrain, les mouvements des unités  et l'agencement des armées (pourtant réduites) sont longuement décrits, les pertes sont chiffrées avec précision (tu n'écris pas "à chaque tour" mais c'est bien ce qu'on comprend), et il y a même des allusions à des points de règles (les fléaux, la perte de la frénésie, le contact socle à socle...).
Outre le fait que ça rend le texte assez abstrait et la lecture peu fluide, c'est totalement invraisemblable. Une vraie bataille (eut-elle lieu dans le monde des socles carrés) ressemble plus à une mêlée confuse et généralisée, surtout pour l'homme qui s'y retrouve plongé! Lui ne comprend rien d'autre que des coups de massues sur la figure et à autre chose à penser que le mouvement des régiments les uns par rapport aux autres.

Sinon un détail: pourquoi employer des majuscules sur les mots désignant le vampire? Les sbires fanatiques de l'Empereur de chez 40K en face utilisent cette méthode, pour parler de leur dieu. Ton perso semble certes respecter son adversaire, mais ce n'est pas suffisant. A mon avis il devrait plutôt être tenté de dire "la bête" ou "le monstre", un truc comme ça.


Second texte:
Beaucoup mieux, j'aime bien la description de la baston.

Par contre je suis étonné par ça:
Citer
leurs archers décochent leurs flèches, et certaines, guidées par une volonté malfaisante, tombent en plein milieu de nos rangs. Un pirate de Sartosa s'effondre, la gorge percée.
Un seul? Sur cinq cent? Veux tu dire qu'un pirate s'effondre aux côtés du capitaine? Parce qu'on a l'impression que l'armée ne subit qu'une perte...
Tu devrais peut être dire un truc du genre "une volée de flèches tombe parmi nous, des cris de douleurs retentissent...". Encore un fois le narrateur n'est pas en position de compter les morts.
De plus les archers ne visent pas des cibles individuellement, ils visent tous ensemble une zone du champ de bataille, si possible là où il y a le plus d'ennemis pour recevoir les projectiles.


Troisième:
Très bien, à l'exception de la dernière phrase que je trouve un peu obscure. Qu'essaie tu de dire? Que l'orage à provoqué l'incendie et donc la mort de la femme de Palerans en dépit du fait que les elfes sont sensés être en harmonie avec la nature? C'est tiré par les cheveux comme rapprochement, surtout fait par un type se trouvant devant le cadavre suspendu de sa femme...

SonOfKhaine

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Re : Le Temple de Khaine
« Réponse #7 le: 29 juin 2008 à 19:55:38 »

1) L'est à scier, lui de toutes façons ^^

2) Le point est certes peu clair. Toutefois le narrateur ne compte pas les morts, heing, sauf si on croit qu'un seul gus y passe. Pis bon, quand un type crève juste à côté de lui, si, quand même, le narrateur ne voit. Et la dernière phrase, ben non, ils ne visent pas individuellement, ça se sent pourtant, non ? Ou alors c'est si peu clair que ça ? ('fin je fais quand même remarquer que si le sortilège qui guide les flèches s'active, là oui, là ça individuellement). Pour ce qui est du décompte des pertes, le narrateur ne peut certes pas le tenir. Ce qui ne l'empêche pas de s'y intéresser un minimum, c'est le capitaine de tout ce beau monde, quand même. Que ce soit parce qu'il est responsable de la vie de ses hommes, ou alors tout simplement pour analyser la situation, tu n'adoptes pas le même plan si t'as quatre cent types derrière-toi ou s'il t'en reste que quelques dizaines.

3) Ca me semble relativement explicite. Même s'ils sont en harmonie avec la nature, c'est quand m'ême lorage qui a déclenché l'incendie et est la cause de la mort de sa femme. Mais il reste à savoir s'il faut imputer cette mort à l'orage ou aux humains. Et puis, bon, pour ce qui est de la réaction du narrateur, les elfes sont justement là pour ne pas être humains. si j'avais voulu un humain aux réactions humaines qui correspondent aux standards humains, j'aurais pris un humain.

Bref, merci beaucoup pour ton triple commentaire - même si j'me défends sur la moitié des points environ ^^
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Victor

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Re : Le Temple de Khaine
« Réponse #8 le: 01 juillet 2008 à 23:23:26 »

Texte 2:
Citer
Pis bon, quand un type crève juste à côté de lui, si, quand même, le narrateur ne voit.
Pas de problème, écrit simplement quelque chose comme "Un pirate de Sartosa s'effondre à ma droite, la gorge percée."
Je t'assure que ce serait beaucoup plus explicite.
Citer
si le sortilège qui guide les flèches s'active, là oui, là ça individuellement
Sur ce point je te fais confiance, moi mon truc c'est plutôt le bolter ;)

Texte 3:
OK, mettons cette réaction assez complexe sur le compte de la nature du héros.
Cela dit: je n'ai lu qu'une fois le livre d'armée elfe (il y a un certain temps d'ailleurs), mais ne sont ils pas comme les eldars au sens où ils ressentent toutes nos émotions et perceptions de manière décuplée? Je me rappelle d'un passage disant qu'ils pouvaient s'absorber des jours durant dans la contemplation d'une œuvre d'art. Un elfe qui retrouve sa femme et ses potes massacrés serait-il en état de raisonner de manière aussi abstraite?
Enfin c'est toi qui voit ;)

C'est un peu le problème avec toutes ces races non-humaines: on a déjà du mal avec l'humanité, alors s'il faut inventer de toutes pièces une façon de penser... On se retrouve réduit à faire en sorte que "ça ai l'air" elfe. Ce qui reste néanmoins intéressant.

SonOfKhaine

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Re : Le Temple de Khaine
« Réponse #9 le: 08 décembre 2008 à 20:55:29 »

Cette fois-ci, ce n'est point pour un concours, mais pour un journal. Ca mélange le Battle et le 40K (me^me s'il y a plus de Battle).

A la base, j'avais prévu une intro et une conclusion en italique à point de vue omniscient. Je vous laisse juger de leur nécéssité.


   Bonsoir ! Qu'est-ce qui t'amène ici ? ... Moi, un traître ? Je t'assure que... un serviteur du Chaos ? Tu oses m'accuser ainsi, alors que je fais partie de ses plus ardents adversaires ? Tu as perdu la tête. Pose ce pistolet, mon ami. Tes hommes de main suffiront amplement. Sauf si tu ne fais pas confiance à ton mercenaire ogre, bien sûr - quoi de plus normal, sachant qu'il est tout aussi « traitre » que moi ? ... Que je m'explique ? Avec plaisir. Mais baisse seulement ton arme - tu vois bien que je n'en ai point.

Bien, nous allons pouvoir commencer. Inutile de te rappeler que nos avons fait nos classes de Répurgateurs ensemble, j'espère. Ensuite, nous sommes parties chacun de notre côté. Tu es allé au Stirland, et moi je suis parti vers le nord de l'Empire, vers l'Ostermark, puis vers Kislev, puis encore au-delà. J'ai combattu les serviteurs des puissances de la ruine partout où ils se trouvaient, tout au long de mon trajet, de la nation de Sigmar aux steppes dévastées, parmi les familles des électeurs comme parmi les barbares. Puis, afin de ne pas exposer trop longtemps mon corps et mon âme aux vents destructeurs qui soufflent en ces contrées sauvages, je suis redescendu. Mes pas m'ont conduits jusqu'à Mordheim. « La Cité des Damnés »... ce n'est que plus tard que j'ai compris ce que signifiait réellement ce nom, après avoir exploré le mystérieux cratère où j'appris bien des choses inconnues du commun des mortels... Range ce pistolet, par le Banni ! ... non, arrête-ça tout de suite ! Tu veux connaître mon histoire ? Alors écoute, et écoute jusqu'au bout.

J'ai lu le Livre des Ombres et du Désespoir et ai découvert le meilleur allié qui soit dans notre lutte sans fin. « ... et celui qui vint autrefois s'en est venu à présent pour la dernière fois, et ce qui était noir et blanc de toutes directions fut contre lui-même projeté en toutes directions. Profondément indigné qu'il fut de la volonté des autres puissances, Malal garda rancune contre eux et s'abrita dans l'immensité de l'espace. Alors aucun homme depuis n'a contemplé Malal, sans devoir garder rancune de ceux qui le détestent, qui se gaussent de son malheur, et qui ne soutiennent aucun amour profond pour le damné. Parfois un fier guerrier se voue à Malal, et toutes les puissances du Chaos tremblent, car le rire du Dieu Banni emplit l'immensité de son tombeau cosmique... ». Parcourant le tome maudit, j'y découvris le nom du dernier champion en date : Kaleb Daark. Sans attendre, je partis vers les Désolations : un si fier ennemi des Quatre ne pouvait être autre-part. J'ai fini par le trouver, entouré de ses vaillants guerriers, tous équipés d'armures noires et blanches aux reflets verdâtres, en hommage au grand ennemi du Chaos, le divin Malal à la tête de loup dotée de mâchoires crocodiliennes, aux puissantes mains disposant chacune de six doigts aux griffes acérées, au visage à trois yeux luisants de haine...

Pose-donc cette maudite arme ! ... J'ai vu ce qui a parmi à ce champion de s'élever et de devenir la hantise de tout serviteur de la ruine. Son arme. Un hache en forme de mâchoire de reptile, buvant avec avidité les âmes vouées au Chaos : Dreadaxe. Il n'était évidement pas question de lui la dérober : il fallait que je m'en procure une semblable. Je redescendis vers Mordheim et découvris la véritable nature du « Marteau de Sigmar » qui s'écrasa sur la ville en 1999.  La comète de malepierre possède les mêmes reflets verdâtes que les armes des suivants de Kaleb... Kaleb, Belak... Be'Lakor. « Contre lui-même projeté en toutes les directions » par les dieux du Chaos qui l'ont condamné à l'exil et à la folie. Et qui s'est écrasé sur notre terre sous la forme d'une comète à deux queues. Je pense savoir quelle est la mystérieuse puissance qui fait échouer chaque champion du Chaos depuis des millénaires... Je doute qu'il s'agisse de Sigmar. Ou peut-être que lui-même n'était que le serviteur de... aaaaah ! Saleté. Je sais bien que la réalité est dure à accepter, mais ce n'est pas une raison pour me tirer dans la jambe droite... non, pas dans la gauche !

Bref, reprenons. Be'Lakor ne s'est peut-être réconcilié avec les Quatre que pour mieux les affaiblir. Son plan sur Albion visait certainement à user de la puissance de l'île pour combattre le Chaos, ou simplement à reconquérir une crédibilité, ou alors à nous prévenir de l'arrivée imminente de l'invasion. Tu remarqueras qu'il n'a depuis cessé de s'opposer à Archaon. Il a perturbé les plans du Seigneur de la Fin des Temps sous le prétexte de prouver sa valeur à ses prétendus maîtres. Et, plus symbolique encore, il a ramené à la vie le Grand Théogoniste Volkmar. Une fois celui-ci revenu au pouvoir, il s'est empressé de chasser Johann Esmer, son remplaçant. Lui-même ennemi juré de Luthor Huss, le prêtre-guerrier qui ne cesse de pourchasser le Chaos tout en dénonçant le reste du clergé de Sigmar. Autre fait troublant ? C'est lui qui a glorifié et élevé Valten. Valten, celui qui est marqué du symbole de Be'Lakor, la comète de malepierre à deux queues ! Valten, celui qui a combattu Archaon et repoussé les forces du Chaos, sans jamais s'opposer directement à Be'Lakor ! Valten encore, celui dont l'arrivée à plongé l'Empire dans un grand embarras politique, à cause de son statut officiel de réincarnation de Sigmar, qui remet en cause le rôle de l'Empereur. Car Malal est le dieu des perdants, des opprimés, des fauteurs de troubles. Il se délecte du désordre, car il est l'essence-même du Chaos; il se délecte des révoltes, car il est le dieu des inférieurs. Troublant, n'est-ce pas ? Ton Sigmar et sa prétendue ré-incarnation ne sont que des serviteurs du grand Malal !

Peu m'importe la souffrance... tire-moi la troisième balle où tu le veux, mais laisse-moi en vie assez longtemps pour que je finisse mon récit. Pourquoi tu ne m'achèverais pas tout de suite ? Parce que tu es curieux. Tu veux connaître le rapport de tout ça avec ton ogre ? J'y viens, j'y viens. Mais par pitié, range ton arme. Daark et le Seigneur des Ombres ne sont pas les seuls champions avérés de Malal - en plus de Sigmar, Valten, Luthor Huss, Volkmar... ouch... j'aurais vraiment préféré dans le bras, tu sais ? Enfin ç'aurait pu être pire, tant que j'ai mes poumons et mon coeur, tu ne m'empêcheras pas de parler... Il existe un autre grand serviteur, que le livre des Ombres et du Désespoir nomme Skrag le Désosseur. Il s'agit d'un Ogre. Je suis parti vers l'Orient pour élucider ce mystère. J'ai découvert qu'il était encore en vie - je n'ai pas osé le rencontrer - mais que ses semblables le nommaient « prophète de la Gueule », serviteur privilégié du vorace dieu des ogres, qui n'est, pour les ignorants, qu'une vulgaire... comète de malepierre. Encore ! Décidément, Malal est partout. Même les Ogres le vénèrent - quoi de plus logique, pour une race crée par les Anciens afin de combattre le Chaos, tout comme les Halflings ? Tu noteras que les habitants du Moot n'ont jamais répondu franchement aux érudits leur demandant quelles divinités ils vénèrent, en-dehors de cette petite farce de fête des tourtes en l'honneur d'Esméralada. Une déesse tout aussi gloutonne que celle des ogres, tiens donc... Malal est partout ! Et je ne parle même-pas de Brahmir, ce dieu aux quatre bras venu d'Inja qui hait les serviteurs du Chaos...

C'est ça, continue - la souffrance... m'indiffère... Tu ne peux même pas imaginer - à quel point. Je, vais finir, mon histoire - à n'importe quel prix. J'avais - enfin - découvert les... traces laissées... par Malal en ce monde. Il, me fallait, un équivalent à... Dreadaxe. Mais il n'y - en avait... pas. En ce monde. Alors, par d'étranges... moyens, j'ai réussi, à voir... au-delà. Oui, parfaitement, j'ai vu, j'ai vu la tempête qui entoure notre monde, j'ai vu les étranges machineries du navire volant de Pasiphaé, j'ai vu Garx, le soldat révolté qui arbore fièrement le crâne blanc et noir, j'ai vu les Fils de la Malice et leurs rituels cannibales si semblables à ceux perpétrés en l'honneur de la Gueule et j'ai vu leur onze compagnies affronter aussi bien leurs semblables que les serviteurs du Chaos, j'ai vu mes frères radicaux de l'autre bout de l'espace et du temps Le vénérer comme je le Le vénère, j'ai vu les Reliquaires aux armures grises faites de blanc et de noir mêlés manier les ressources de la ruine contre ses serviteurs, acquérant gloire pour leurs étendards et gloire pour leurs épaulières frappées du crâne de Malal, j'ai vu leur Lame de Phaeron, avide d'âme autant que Dreadaxe peut l'être, j'ai vu les Déchus aux armures noires face à leurs frères en armures vertes et j'ai vu leur chef, Cypher, semer la discorde partout où il passe en l'honneur du Perdu, j'ai vu la Légion des Damnés jaillir de la dimension au-delà de nos pôles afin d'exterminer les serviteurs du Chaos, j'ai vu les Haches d'Effroi brandies par nombre de Princes Démons, j'ai vu les Quatre, acculés, interdire ces Dreadaxes à leurs serviteurs et s'allier pour contrer cette menace, permettant à leurs serviteurs de combattre côte à côte.

Oui, j'ai vu, j'ai vu ! J'ai vu les opprimés, les cannibales, les perdants, les ennemis du Chaos, dans tous les lieux et dans tous les temps ! J'ai vu les Damnés s'agiter dans l'ensemble de la galaxie ! J'ai... kof... j'ai... bleuargh... j'ai vu que ton Sigmar... n'existait pas... j'ai vu... les dieux renégats... j'ai vu Necoho et Zuvassin... j'ai vu... le sang et la boue... j'ai vu... la poussière... et les compétitions.. j'ai vu... Dust Contest...



SoK, mais qu'est-ce que Dust Contest ? vous le saurez plus tard ;D
« Modifié: 08 décembre 2008 à 21:49:25 par SonOfKhaine »
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Re : Le Temple de Khaine
« Réponse #10 le: 09 décembre 2008 à 17:07:50 »

Monsieur je ne sais pas qui vous êtes mais vous n'êtes pas Son of Khaine. Jamais il n'aurait été capable de pondre un récit aussi clair et explicite! ;D

Ce qui est troublant ici c'est la façon dont le fluffiste se confond avec le répurgateur radical dans leur excitation à partager leurs découvertes ;)

Oh, et accessoirement j'aime beaucoup ce texte :)

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Re : Le Temple de Khaine
« Réponse #11 le: 07 janvier 2009 à 21:06:06 »

Un petit texte, pour un concours amical - encore plus que d'habitude - où la seule consigne est le mot Structure.


Structure[/u]

En 564 mots, je vais tout dire, et tout sera dit dans ces 564 mots. Parenthèses non-incluses.

   Qu'est-ce que la Structure ? Le verbe latin struere signifie "assembler". La Structure est donc l'état de ce qui est assemblé. Ce qui n'est pas structuré est sans liens avec quoi que ce soit. J'écris en français, qui est une langue structurée - comme tous les idiomes dont nous ayons connaissance. Qu'est-ce qu'un mot seul ? Rien. « Bravo ! », lancé à la fin d'une représentation quelconque, est inclus dans une structure : il possède un contexte, qui le lie aux autres mots et évènements antérieurs ou simultanés. Ce texte est, comme tous les autres structuré.

   Toi qui me lis, comment vois-tu ce texte ? Grâce à tes yeux. Ce sont des organes inclus dans la structure qu'est ton corps. Tes yeux sont également des structures, constitués de divers éléments, eux-mêmes constitués de cellules. A l'intérieur se trouve un noyau, dans lequel se trouvent des chromosomes, dans lesquels se trouvent ton ADN, dans lequel on trouve des molécules, dans lesquelles les atomes sont agencés selon une structure fixe. Tout être vivant est structuré.

   Mais peut-être la biologie ne t'intéresse t-elle pas. Regarde non pas en toi, mais autour de toi. Où es-tu ? Dans un bâtiment, ou peut-être un véhicule. Le sens de « structure » défini comme premier et concret par le dictionnaire ? « Manière dont un édifice est bâti ». Tu es à l'intérieur d'une structure. Puisque nous sommes en architecture, regardons le sens technique qu'y prend le mot dont nous parlons. C'est un système permettant le transfert des différentes forces appliquées au bâtiment jusqu'au sol, où elles s'équilibrent. La Structure  permet d'assurer sa solidité et sa stabilité. Sans elle, le bâtiment ou le véhicule s'écroule. Sans Elle, tu es mort.

   Tu appartiens également à une autre structure. Ou plutôt, car vous êtes plusieurs, vous appartenez également à une autre structure - dont les éléments sont des êtres humains. On la nomme parfois « société ». Vous n'avez pas le choix : vous en faites partie. Vous avez une influence, même minime, sur ceux qui vous entourent, et ils en ont une sur vous. Seul l'ermite solitaire et auto-suffisant n'en fait pas partie. Étant donné qu'il n'a pas de compagnon de l'autre sexe, il finit par mourir sans créer de vie. Cela vaut également pour chaque animal. Tout être vivant appartient à une structure.

   Toute la matière appartient possède une structure - atomique, ionique ou moléculaire. Les métaux sont formés d'atomes agencés selon une structure précise. Les molécules sont formées d'atomes agencés selon une structure fixe. Tous les éléments chimiques réagissent, mis à part les gaz rares. Ceux-ci sont inertes. Inactifs. Négligeables. Ils n'ont aucune utilité. Ce qui n'a pas de structure ne vit pas.

   La Structure, c'est la Vie. On ne peut refuser l'une sans refuser l'autre. L'absence de Structure, et donc de Vie, n'est pas la Mort. La thanatie (action de périr) ne survient qu'à un moment de la Vie, le dernier. L'état de nécrie (mort) ne survient qu'après cet événement, et ne peut donc être atteint que par quelque chose de vivant.

Sans Structure, il n'y a pas de Vie, sans Vie, il n'y a pas de Mort, sans Vie et sans Mort, il n'y a rien. Il n'y a rien sans la Structure.

Tout est Structure et la Structure est tout, rien n'est sans structure et sans structure rien n'est.

C'est pourquoi, en disant « Structure », je dis tout.

STRUCTURE
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SonOfKhaine

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Re : Le Temple de Khaine
« Réponse #12 le: 09 janvier 2009 à 21:23:53 »

Harharharhar. On a de l'humour, sur jeuxvideo.com ! Voici ce que Blina (fille, 21 ans, jamais croisée) propose en participation au même concours que moi :

Citation de: Blina
STRUCTURE ?

En X mots, je ne vais rien dire, et rien ne sera dit dans ces X mots. Parenthèses incluses.

Qu'est-ce que n'est pas la Structure ? Le verbe latin « struere » a donné le verbe « détruire ». Mais la structure, qu'il a aussi fait naître, assemble, rassemble, synthétise. Entendu. Ce qui n'est pas structuré ne serait donc ni solidaire ni saisissable ? Faux, et je vais le démontrer. J'écris en français qui est une langue qu'un savant a su analyser, décortiquer, en un mot : déstructurer pour moi, déstructurer ce qui était sans structure pour alors lui donner une structure : une armée d'experts avec leurs boîtes à outils viennent m'expliquer, me catégoriser, me ranger mon langage dans une grande hiérarchie, dans un ordre, qui, jusqu'à preuve du contraire, n'appartient qu'à eux. Leurs boîtes à outils s'appellent « grammaire », « conjugaison », « règles ». Ce qui n'est pas structuré peut vivre sans structure. La langue n'est pas construite, c'est elle qui construit. Qu'est-ce qu'un mot seul ? Tout. « Bravo ! », lancé à la fin d'une représentation, est inclus dans une structure que je viens à peine de choisir : la représentation. J'ai choisi d'inclure le mot bravo. Mais quoi, ne peut-on crier bravo dans la rue, chanter bravo en pissant, hurler bravo pour rien, au cancéreux qui meurt, à la fillette qui passe ? Bravo, bravo, mais chacun choisit son bravo, mon bon monsieur ! Tenez, si je dis, bravo, là, tout de suite. C'est un bravo libre. Champignon, même. Rien ne laissait prévoir ce champignon. Pour le cartésien avide de logique, ce champignon est aberrant. Mais tout comme le bravo, le champignon est libre, gratuit, indépendant. Aucun contexte ne l'emprisonne, sinon celui que tu désireras. Mon texte paraît structuré mais il se fait au tout venant. Si tu y découvres une structure, c'est a posteriori. Structuromane, je vais t'appeler, tiens !

Moi qui te lis, comment vois-je ton texte ? Grâce à mes yeux. Ce sont des organes inclus dans le chaos de ton corps : boyaux, viscères, os, poumons, coeur, estomac, tout ce fatras est bien agencé, mais pour l'oeil de celui qui dissèque seulement ! Eh oui. Mais t'ai-je ouvert le ventre, moi, pour deviner le château de cartes - pardon, « d'organes » -, qu'un mystérieux architecte a bâti en secret ? Moi quand je vois ton corps, je ne vois pas une structure, mais un montage de bric et de broc, un collage, un patchwork, une surface faussement symétrique, un mælstrom d'aspérités irrégulières, imprévisibles. Ton corps est aussi libre que mon champignon ou mon bravo. Mes yeux sont pleins de cellules : soit. Et alors ? Cela définit-il l'oeil une bonne fois pour toutes ? Non, Structuromane, l'oeil est un outil incernable qui mène à des chemins imprenables par la pensée. L'oeil ne voit pas, il reçoit, et c'est ton cerveau qui le structure. Ton oeil n'existe pas pour toi, il n'est qu'un miroir, un télescope, un écran de cinéma coupé sur les côtés. Comment peux-tu parler d'une structure quand avec tes simples deux petits yeux, tu n'en vois qu'une particule, un bout de lorgnette, un plan de lucarne, un appendice ? Tu ne vois pas la structure. Jamais même tu ne la reçois. Tu l'imagines, tu la supposes, tu la désires : et c'est son but, à elle. Car elle te rassure. Elle t'organise virtuellement, quand tu n'es qu'un fatras, un désordre permanent. Loué sois-tu de me trouver un noyau, des chromosomes, un ADN, des molécules, et des atomes à l'intérieur de mon oeil, mais tu ne parles qu'armé du savoir actuel. Qu'aura-t-on découvert de plus après les atomes, dans vingt ans, dans mille ans ? Peut-être le vide, et peut-être dès lors, en faudra-t-il conclure qu'au fondement de ton idéal de structure, au fondement de l'être vivant, au fondement du fondement en somme, il n'y a rien que le rien. Dès lors, tout ton discours s'effondrera comme un château de sable, et la gigantesque toile des savoirs scientifiques ne sera plus que flaque, et poussières de chaos. N'a-t-elle pas d'ailleurs imaginé, ta science si chérie, que ce Tout dont tu te gargarises puisse être le fruit d'une explosion, d'un absolu désordre ? En ce cas, et si c'est vrai - le saura-t-on ? as-tu seulement envie de savoir ? - la structure en serait bigrement humiliée !

Tu supputes que la biologie ne m'intéresse pas. Elle m'intéresse. Mais suivons ton mouvement puisque j'essaye, tant bien que mal, de me fondre dans une structure. La tienne, pourquoi pas. Elle n'est pas agressive. Je cesse donc de regarder en moi mais autour de moi. Où suis-je ? Dans un bâtiment, ou peut-être un véhicule. Peut-être. Mais à vrai dire, je suis dans ma chambre, dans mon lit, dans un endroit familier que j'appelle mon chez-moi. Pendant que je t'écris, j'ai envie de me toucher. Comment puis-je dans le même temps écrire et fantasmer ? Mystère féminin, je présume. Le sens de « structure » défini comme premier et concret par le dictionnaire ? « Manière dont un édifice est bâti ». Je suis donc à l'intérieur d'une structure ? Mais imagine seulement que depuis toute petite, comme les hommes de Platon, un monsieur très vilain que j'appellerai mon père m'ait forcé à rester cloîtrée dans cette chambre et n'avoir du monde qui m'entoure une perception réduite à celle de mon lit ? Ton dictionnaire m'ennuie car je ne sais pas qui l'a écrit, je ne sais pas comment ce monsieur pense, je ne peux pas tout imaginer, et à vrai dire, je n'imagine rien. Toutefois, je reste libre, et quel être structuré pourrait donc admettre qu'il vit dans un lieu sans structure ? Un fou pour toi, mais pour moi, un poète. Puisque nous sommes en architecture, regardons, puisque tu le désires, le sens technique qu'y prend le mot. C'est un système permettant le transfert des différentes forces appliquées au bâtiment jusqu'au sol, où elles s'équilibrent. En réalité, tu définis ainsi la structure elle-même, et non pas l'architecture, qui n'est qu'une branche de ta structure. Il est clair que je peux vivre sur mon lit, et même le plafond peut s'écrouler sur moi, je peux encore respirer. Sans la Structure, je ne suis pas morte. Je vis à l'extérieur, voilà tout. De façon précaire, sans doute, de façon instable, assurément. Mais qu'importe ? Puisque je vis.

Tu me dis maintenant que j'appartiens également à une autre structure. Ou plutôt, car nous sommes plusieurs, nous appartenons également à une autre structure - dont les éléments sont des êtres humains. Là encore, tu contestes ma possibilité de choisir d'être intégrée ou non à une société. Ainsi donc, tu te ranges du côté d'Aristote, qui songe qu'en dehors de la Cité, l'homme n'est pas tout à fait homme, mais sous-homme, animal, et bestial. En d'autres termes, tu penses radicalement, ô Structuromane, qu'on ne peut survivre et vivre qu'à l'intérieur d'une structure. Que tu es pessimiste ! Et que te voilà menaçant ! L'influence, même minime, que j'ai sur les autres, ne dépend pas de moi, mais d'eux ! Et s'ils en ont sur moi, ne t'inquiète pas, je peux encore me dire : ma fille, raisonne-toi, ils ne sont pas toi, tu n'es pas eux, vis ta vie, et touche-toi. Que tu puisses, ô toi, chantre de la Structure, la faire reposer sur des liens aussi peu stables, et aussi peu prévisibles que visibles, cela ne fait que me déstructurer davantage ! Qui veut ma mort ? La Structure, ou toi ? Es-tu le geôlier de quelque idéologie carcérale, visant à condamner les hommes dans une prison imaginaire, inventée de toutes pièces par tes soins, ô héros dépressif ? L'ermite solitaire et autosuffisant, eh bien, ce n'est pas ce que je suis - mais puis-je seulement définir ce que « je » est ? - et pourtant, je vis heureuse avec mes choix et j'aime me reproduire avec des hommes auxquels je ne me lierai pas. Je participe à ta structure, vois-tu, sans pour autant m'y déposer. Comment, dès lors, pourrait-elle survivre, si elle n'est qu'un mouchoir dont on use à loisir, et qu'on peut, d'un coup de tête, jeter à la poubelle ? Aucun être vivant n'appartient à la structure puisque la structure ne possède rien. C'est nous qui la possédons.

Te revoilà maintenant parti avec la matière - je vois bien que sans la biologie tu es déstructuré - atomique, ionique ou moléculaire. Les métaux sont formés d'atomes agencés selon une structure précise, mais pour ton microscope seulement : et es-tu une machine ? Ne penses-tu pas que ces petits points que tu appelles atomes, ou molécules, ou éléments chimiques, pourraient tout aussi bien se défaire ? D'ailleurs, c'est ce qu'ils font. Ils chutent, disait Lucrèce. Ils chutent dans l'infini, le vide, le néant. Tes points microscopiques ne cessent de tomber - c'est leur seule structure, et quelle structure ! la chute - mais parfois dévient, dévient de leur chemin, et se cognent, se rencontrent. La vie est une rencontre inopinée, une surprise, un baiser volé, un spermatozoïde plus rapide que les autres, pas une structure fixe. Elle bouge, la vie, elle bouge en permanence. C'est toi, nous, eux ! qui, en vain, veulent l'arrêter. Mais peine perdue, Structuromane, elle va plus vite que nous, plus vite que tes structures, qui passent plus de temps à s'effondrer, à se remettre en cause, qu'à se construire et à se rendre stable et solide. Combien d'empires, comme ceux que tu proclames, et que tu représentes, se sont ainsi effondrés, trop sûrs de leur structure ? Tu as raison lorsque tu dis que tout ce qui est inerte et inactif, comme les gaz rares, est négligeable et inutile. Si la structure reste immobile : quelle utilité lui donnes-tu, alors ? Ce qui n'a pas de structure vit plus que quiconque. Ainsi, au-delà de la survie, il y a la vie, et au-delà de la vie, il y a l'extravie : la vie sans structures, la vraie vie. Extravis avec moi, Structuromane, et peut-être seras-tu moins amer, moins robot, moins prison : plus toi-même.

La Structure, c'est la vie pensée dans un manuel : la Structure c'est donc la Non-vie. Refuser l'une, c'est refuser l'autre, absolument, et heureusement ! Alors, fi de la structure, Structuromane ! L'absence de Structure, et donc la présence de la Vie, n'est pas l'anarchie. La thanatie ne survient surtout pas au dernier moment de la vie. Bien au contraire. La thanatie peut être continue, là, présente, corrosive, partout, autour de nous, comme un châle invisible : quand j'écris, je ne vis pas, et peut-être que je me prive ainsi d'un peu de vécu vrai, car je cède, je cède à la structure, je m'empoisonne dans celle que tu voudrais tisser pour moi ! Quand j'écris, je ne vais pas goûter aux pamplemousses de mon épicier, écouter le pianiste qui fait la quête en bas, visiter cette belle exposition de sculpteurs inconnus, rencontrer le badaud qui aime faire de l'escrime ! Si ne pas vivre, c'est périr, eh bien regarde tous ces malheureux, ces solitaires, ces délaissés, qui doivent lutter contre le plus féroce de nos ennemis : l'ENNUI ! La voilà, ta thanatie ! La Structure a de fortes chances d'en être responsable... Chacun à sa place et les moutons seront bien gardés, Structuromane ? Toi-même tu ne souhaites pas demeurer une brebis, un baudet, un animal tiré par un carcan sans visage... L'état de nécrie ne survient pas qu'après le dernier moment de la vie, l'état de nécrie peut résider là, dans l'inaction, dans la conscience même de la nécrie ! Qui se sait mortel, et s'imagine mort, vit dans l'horrible crainte d'être victime de la Structure, non pas structure de la vie, mais structure de la respiration et du battement cardiaque. La nécrie ne peut être atteinte que par quelque chose de respirant et profondément déstructuré, soit tout simplement un être ayant cédé à l'idée de la Structure... L'avantage d'une idée, c'est qu'on peut la détruire avec une autre idée. Vois donc sur quoi dès lors elle tient, ta protégée...

Sans Structure, la Vie peut enfin être. Avec la Vie, la Mort peut s'oublier. Car la Mort c'est la fin, la fin de tout. Paradoxalement, avec la Mort, le rien existe, et sans le rien, il n'y a pas de conscience du tout. Sans solitude, il n'y a pas de conscience de l'autre. Tout existe sans la structure, et toute structure n'existe jamais qu'après l'existence elle-même.

Rien n'est Structure et la Structure n'est rien, tout peut vivre sans structure, et sans structure vivre est tout.

C'est pourquoi, en disant « Structure », je ne dis rien.

Rien d'autre que vie.

VIE.
[
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Re : Le Temple de Khaine
« Réponse #13 le: 03 novembre 2009 à 17:09:38 »

Hop, je remonte le truc. Ce que je poste ici aura peut-être une suite, si je réussis à me motiver, mais c'est peu probable. Pour info, c'est une très vieille idée de fin d'école primaire remise à neuf.


Pierres ensanglantées

« Eh, Zoug, en fait je me posais une question… »
Lek s’était assis sur un rocher et venait de sortir un paquet de cigarettes de sa veste, sans même attendre de réaction.
Je regardais, l’œil vide, le paysage qui s’offrait à moi. Du haut de l’affleurement de grès, je contemplais la teinture écarlate qui bouillonnait en contrebas, avec une fascination morbide. Le fleuve à l’agonie bavait un flot impétueux de rouille, de sable et de gravats. Seule subsistait encore une lande d’arbrisseaux, à l’ombre de géants desséchés qui tombaient en lambeaux.
« Qu’est-ce qu’on fout ici ? demanda Lek en faisant craquer son briquet derrière sa main, à l’abri du vent poussiéreux.
- On cherche, lui répondis-je.
- Et on cherche quoi, Zoug, à part des futurs putains de débris au milieu de putains de
débris ? »

Le silence relatif de la tempête qui se levait lui tint lieu de réponse, accompagné d’un regard noir d’Unnigué, mon majordome.
« Parle correctement à Agela Aykya Zugshætikma, intima t-il à Lek.
- Écoute, rétorqua celui-ci en prenant une bouffée, sors les rallonges si ça t’amuse, mais viens pas me les casser, le rat d’hôtel. »
Les deux se fixèrent un long moment, avec une hostilité à peine voilée. Lek fit mine de se reconcentrer sur sa cigarette éteinte, puis la ralluma en jurant.
« Laisse, Unnigué, laisse, lâchai-je.
- Mais, ce chien vous insulte, vous et vos pères… continua t-il.
- Je t’ai dit de laisser ! m’emportai-je.
- Allez, fit Lek en exhalant un nuage de fumée, t’as entendu ce qu’il a dit : obéis, lève la patte et t’auras droit à un susucre. C’est qui, le chien ? »

Je soupirai et sortis une bouteille d’eau de mon sac à dos. J’en tirai quelques gorgées et dus la donner à Unnigué pour qu’il accepte de boire. Lek, après avoir jeté sa cigarette et l’avoir machinalement écrasée d’un coup de ses rangers usées, fit de même. Je m’assis non loin de lui, pour récupérer de l’ascension. Le sable fouettait toujours nos visages protégés par un foulard. Les minutes passèrent.
« On y va, décrétai-je en me levant.
- Tu m’as toujours pas répondu, Zoug, en fait. Qu’est-ce qu’on vient se faire chier à chercher dans ce foutu désert à la con ?
- Mon frère.
- Et comment on est censés le retrouver – s’il est pas déjà crevé comme un rat - dans ce putain de monde pourri jusqu’au fond du cul ? s’énerva t-il.
- C’est de là qu’on vient, Lek. C’est de là qu’on vient tous.
- Et alors ? J’en ai rien à foutre, je suis pas né sur cette putain de planète, et ça ne me manque pas. Et ton crétin de frère, qu’est-ce qui te dit qu’il est en vie ?
- Je le sens, lui répondis-je en le regardant dans les yeux. »

C’était la plus stricte vérité. Impossible d’expliquer pourquoi, mais je sentais en moi que Sugsha n’était pas retourné au néant. Quelque chose dans mes veines m’indiquait qu’il se trouvait ici, et le sang ne trompe pas.
Du même sang, du même monde. Comme si nos gènes étaient faits de la matière-même de cette planète, comme si nos deux vies étaient inextricablement reliées entres elles par ce monde dévasté.
Je n’aurais jamais dû partir d’ici, jamais dû abandonner mon frère. Il était grand temps de réparer mes erreurs.

Le vent retomba lentement. Il avait nettoyé le versant ouest de la colline, laissant le grès teinté d’hématite à nu. Le ciel, quant à lui, s’assombrissait dangereusement. L’air était soudain terriblement lourd.
« Bon, bah alors ça va, on est sauvés, ricana Lek après avoir soufflé un nuage de fumée. Puisque tu le sens… »
Je ne relevai pas le sarcasme, auquel il m’avait habitué, et me mis en route. Il m’emboîta le pas en silence.
« Unnigué, ne lui en tiens pas rigueur. C’est son tempérament, il n’est pas mauvais. Il fait ce dont nous avons besoin, et a montré son utilité, remarquai-je.
- Les chiens de guerre tirent toujours sur la laisse tant qu’ils peuvent, mais ils suivent au pas quant il s’agit d’or, rétorqua le majordome. Ce qui ne les empêche pas de mordre ou de changer de maître pour quelques pièces…
- Pas de risques, le larbin. Le peu de fric qu’il reste dans cette merde ne doit pas dépasser une semaine de mon salaire, cracha Lek.
- J’oubliais que c’est tout ce qui t’importe, fit remarquer Unnigué.
- Toujours mieux que de lécher les bottes d’un petit aristo, tocard.
- Je vais t’apprendre à insulter Agela Aykya ! cria le majordome. »
Il venait de tirer son stylet cérémoniel de sa ceinture, ce qu’il ne faisait que rarement. Et une fois la lame à l’air libre, elle ne rentrait jamais sans avoir goûté au sang. Unnigué, le visage tordu par la fureur, se rua vers Lek.

Celui-ci s’était déjà emparé de son fusil en bandoulière, visant son adversaire avec cet instrument de mort.
« Un pas et je te crève le bide, crétin. Alors écrase.
- Arrêtez-ça tout de suite, ordonnai-je.
- Tu vois ? lança Lek. L’aristo te dit de te calmer, alors tu vas lui faire plaisir, reculer et remuer la queue.
- Demande pardon à Agela Aykya, rétorqua Unnigué.
- Écoute, je déconnais quand je parlais de te tirer dessus. Pas envie de faire du bruit. Par contre j’ai un couteau de chasse qui aimerait bien dépecer du cabot enragé.
- Lâchez tous les deux vos armes, fis-je en armant mon pistolet. Je n’hésiterai pas à tirer sur le premier qui fera un geste brusque.
- Oh, l’aristo fait le fier avec l’engin de papa, comme c’est chou. Tu trembles tellement que tu serais capable de toucher celui que tu vises pas, se moqua Lek. Et le temps que t’aies fini de te tâter avant d’appuyer sur la détente, j’ai le temps de vous abattre deux fois chacun. Alors lâchez votre quincaillerie, les tocards !
- Fais ce qu’il dit, intimai-je à Unnigué en laissant tomber mon arme. »
Celui-ci hésita longuement, puis finit par ranger son poignard en murmurant des malédictions. Nous reprîmes notre descente, dans une atmosphère plus tendue que jamais.
« Putain, et je sens qu’il va se mettre à flotter, en plus, avec vos conneries », maugréa Lek, alors que nous étions quasiment arrivés en bas.

Après avoir longé le fleuve pendant près d’une heure, dans le sable encore vaguement terreux, et fait face au retour du vent, quelques gouttes se mirent en effet à tomber. Elles furent suivies de nombreuses autres. Un torrent tiède se déversait sur nous, augmentant le débit du cours d’eau dont le grondement se mêlait au tonnerre.
L’obscurité parsemée de grands arbres pouvait parfois vaguement ressembler à la lumière tamisée de la canopée d’autrefois. Mais à chaque éclair, le désert rougeâtre empli de troncs morts révélait sa nouvelle nature, tandis que le ruissellement de la pluie entraînait encore le mélange de sable et d’humus sur lequel croissaient tant bien que mal les arbrisseaux.
Le seul avantage était qu’on voyait mieux les quelques serpents qui avaient réussi à survivre au désastre. Là où auparavant tout grouillait de vie, d’oiseaux, de grenouilles, d’araignées, d’insectes, de moucherons, ne se trouvaient plus que quelques survivants hagards, perdus dans un monde qu’ils ne comprenaient plus.
Le tourbillon effréné de création et de destruction s’étant mué en un calme effrayant. Le sifflement continu du vent poussiéreux avait pris la place de la rumeur chaotique de la faune. Tout cela à cause d’un dérèglement du cycle. Le serpent avait cessé de se mordre la queue, et les vertèbres de l’ouroboros écartelé se desséchaient peu à peu.
Dix neuf ans déjà que j’étais parti, et en dix-neuf ans seulement, ce monde avait franchi les portes sans retour du couloir de la mort.

Lek me tira de mes pensées : « Ce putain de fleuve a une gueule à déborder dans pas longtemps. »
Nous nous contentâmes de continuer à marcher sous la pluie battante, sans lui prêter attention.
« Écoutez, j’en ai rien à cirer que vous alliez dire bonjour aux poissons carnivores - surtout toi, le clébard, d’ailleurs - mais y’a un de vous qui trimballe ma putain de paye dans son sac.
- C’est bon, je te suis, cédai-je. »
Nous nous éloignâmes du grondement avide du cours d’eau qui filait vers le soleil crépusculaire. La nuit tombait toujours vite, ici. Le temps avance toujours, et trop rapidement. Rien ne dure, et quand on se retourne, on se rend compte que tout est déjà fini.

L’orage continuait de plus belle. J’étais épuisé d’avoir marché toute la journée. Tout s’obscurcissait inéluctablement autour de nous.
« Il serait temps de poser nos tentes, criai-je à Lek.
- Désolé, l’aristo, mais il va encore falloir se monter une petite colline, sauf si tu tiens à te faire ensevelir par le ravinement. »
Le calvaire continua, sans cesse zébré d’éclairs. Mais je savais qu’il fallait continuer. Je le faisais pour Sugsha, et il valait bien tous les sacrifices imaginables. Et qu’importait s’il fallait avancer à contre-courant.
Enfin, arrivés au sommet, sous la clarté vague et nébuleuse d’un croissant de lune violet, nous nous arrêtâmes. Sans un mot, Lek posa son paquetage. Unnigué commença à mettre notre tente en place, avec mon aide. La pluie tombait toujours.
Je pris mon repas avec mon majordome, en silence. Juste avant de commencer, je vis que Lek fumait seul dans son abri de toile entrouvert.

Alors vint le moment de chercher le sommeil. Mais je ne cessais pas de penser à Sugsha, à mon enfance, au passé. À Sugsha, surtout.
Je le trouverai un jour, je le savais. Car sans lui, je n’étais rien. Le frère était condamné à chercher le frère, au milieu des pierres ensanglantées.
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Re : Le Temple de Khaine
« Réponse #14 le: 04 novembre 2009 à 09:15:51 »

Citer
« Eh, Zoug, en fait je me posais une question… »
Lek s’était assis sur un rocher et venait de sortir un paquet de cigarettes de sa veste, sans même attendre de réaction.
Je regardais, l’œil vide, le paysage qui s’offrait à moi. Du haut de l’affleurement de grès, je contemplais la teinture écarlate qui bouillonnait en contrebas, avec une fascination morbide. Le fleuve à l’agonie bavait un flot impétueux de rouille, de sable et de gravats. Seule subsistait encore une lande d’arbrisseaux, à l’ombre de géants desséchés qui tombaient en lambeaux.
« Qu’est-ce qu’on fout ici ? demanda Lek en faisant craquer son briquet derrière sa main, à l’abri du vent poussiéreux.
- On cherche, lui répondis-je.
- Et on cherche quoi, Zoug, à part des futurs putains de débris au milieu de putains de
débris ? »

Premier gros problème, j'ai du attendre la fin de ce passage pour savoir qui est qui et comprendre que "je" est Zoug.
Tu aurais du écrire :
" ..., sans même attendre de ma réaction. "

Citer
Je ne relevai pas le sarcasme, auquel il m’avait habitué,
Tournure maladroite et peu naturelle.

Citer
Celui-ci hésita longuement, puis finit par ranger son poignard en murmurant des malédictions.
Attention tu as dis que le sang devait être versé !

Sinon c'est pas mal écrit et ça mérite quand même une petite suite.

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Re : Le Temple de Khaine
« Réponse #15 le: 06 novembre 2009 à 22:02:40 »

Merci de ta lecture, il y a en effet pas mal de maladresses. J'aurais du insister d'avantage sur le fait qu'il en coûtait beaucoup à Unnigué de ranger sa dague... Je ferais mieux de retravailler un peu tout ça.

Enfin bref, j'ai réussi à me bouger pour sortir une petite "suite".


Serviteur - Chapitre 1

   « Et alors, pour nous, les oubliés des Trois pics, nous, les abandonnés depuis Trois fois Trois siècles, les Trois seigneurs des Trois forêts revinrent. »
   Trois fois par an, le sage psalmodiait le plus sacré des trois récits. Plus important que celui de la création du monde, plus important que celui du voyage vers les montagnes, trois fois plus important que tout.
   « Trois immenses fêtes furent organisées en leur honneur, qui durèrent Trois jours et Trois nuits. Chaque jour, on fit Trois danses, accompagnées de Trois chants, sur Trois mélodies. Chaque nuit, on fit Trois repas, de Trois viandes, avec Trois sauces, car les Trois seigneurs des Trois forêts étaient revenus. »
   Le petit temple taillé dans le roc vacillait  à la lueur des torches et des fumerolles d’herbes aromatiques. Chaque peau de bête tannée semblait reprendre vie, les lignes gravées au couteau s’entrelaçaient, et les teintures de plantes se mélangeaient.
   « Enfin, le Troisième jour, les Trois seigneurs déclarèrent à Trois reprises que chacun était venu pour récompenser Trois groupes de Trois fois Trois jeunes guerriers en les emmenant dans la forêt, car les Trois seigneurs des Trois forêts étaient revenus. »

   On arrivait au moment préféré d’Yläpuölellä. Le jeune homme, à genoux, les paupières closes, bouillonnait d’impatience. La dernière fois, malgré le fait qu’il soit plus de plus grande taille que tous les autres, il avait été trop jeune. Mais dans Trois jours, ils seraient là, enfin !
   « On rassembla tous ceux qui avaient survécu entre Trois fois Trois et Trois fois quatre hivers. Chacun participa à Trois épreuves : grimper Trois fois jusqu’au temple avec Trois fois Trois fois Trois pierres attachées dans le dos, toucher Trois cibles à Trois fois Trois pas avec les armes des seigneurs, et se battre avec Trois autres jeunes guerriers, car les Trois seigneurs des Trois forêts étaient revenus. »
   Les tambours et les chants commencèrent à s’agiter dans le fond. Le vent, au-dehors, soufflait de plus en plus fort, et le tonnerre grondait comme un léopard des neiges enragé.
   « Trois fois Trois jeunes guerriers périrent ou s’estropièrent, et ils furent emportés comme présents par les Trois seigneurs, afin qu’ils les servent d’une autre manière, pour leur plus grande gloire, car les Trois seigneurs des Trois forêts étaient revenus. »

   Yläpuölellä ne prêtait jamais la moindre attention à ce passage. Il ne concernait que les petits. Les faibles. Les maudits. Tandis que lui était voué depuis sa naissance à être le serviteur, le fidèle et le soldat des trois seigneurs des trois forêts. Tel était son destin, et son plus grand désir.
   « Enfin, les Trois épreuves terminées, les Trois seigneurs repartirent avec les Trois groupes de Trois fois Trois élus qui prirent un autre nom, afin qu’ils accomplissent leurs volontés sacrées. C’est ce pour quoi naît chacun d’entre nous, car les Trois seigneurs des Trois forêts sont revenus. »
   Il irait dans la forêt et vivrait aux côtés des trois seigneurs. Sans aucun doute possible. Il serait témoin des miracles que ces dieux tout-puissants accomplissaient dans leurs palais vivants et chauds, où des hymnes éthérés résonnaient sans cesse, où il apprendrait les mystères de l’univers.

   « Loués soient les Trois seigneurs, loués soient leurs Trois aigles de pierre brillante, loués soient leurs Trois bienfaits. Loués soient-ils Trois fois Trois fois. Sans eux, nous ne sommes rien, nous vallons Trois fois moins qu’un Troisième d’insecte à Trois pattes. Loués soient-ils Trois fois Trois fois tous les Trois, car les Trois seigneurs des Trois forêts sont revenus. »
   Yläpuölellä chanta avec les autres, de toutes ses forces, pour glorifier les Trois seigneurs des Trois forêts auxquels il devait la vie.
   

Mercenaire - Chapitre 1

   « Nom ?
   - Guban. »
   Le recruteur du Peuple Armé d’Ahax griffonna sur le registre.
   « Âge ?
   - Quinze ans, monsieur.
   - T’es sûr ? Tu m’as l’air plutôt jeunot.
   - J’ai quinze ans depuis hier, monsieur.
   - On dit camarade ».

   Il écrivit ensuite, sans demander quoi que ce fut, le poids et la taille, au jugé. Une balance et un mètre traînaient bien quelque part dans la tente, mais cela faisait longtemps qu’il  y avait renoncé. Quel intérêt, après tout…
   « Tu connais les règles, camarade ?
   - Oui, camarade.
   - Et c’est quoi ? demanda le recruteur, amusé.
   - On doit tuer les sales impérialistes d’Ægurë, les militaires du gouvernement qui leur obéissent et les criminels qui s’opposent au peuple, récita Guban. Camarade, ajouta t-il.
   - Presque, le reprit le trentenaire. Interdiction de déserter, de voler un camarade, de contredire un supérieur. C’est à peu près tout. »

   On entendait des gens discuter dans le campement, des guérilleros transporter des caisses de munitions, des blessés se fait opérer, des gamins sans le sou attendre pour se faire inscrire parmi les rangs de l’Armée du Peuple.
   « Bon, t’as d’autres questions ?
   - Qu’est-ce qu’on reçoit comme équipement et comme rations, camarade ?
   - Vois-ça avec le cantinier, gamin, c’est pas mon affaire, y’en a d’autres qu’attendent. »
   Guban sortit de la tente de recrutement au moment où un autre candidat entrait. La file d’attente était assez impressionnante, on y voyait même quelques filles. Au final, ce n’était pas si étonnant : la plupart devaient être soit violées, soit promises à se faire marier de force et condamnées à passer leur vie à élever des enfants.

   Il se dirigea vers ce qui ressemblait à l’armurerie. Le camarade qui s’en occupait lui prit sa carte pour la lire.
   « Camarade Gudam… dit-il. Nouveau, hein ?
   - Oui, camarade. Ah, euh, et c’est Guban.
   - Ouais, bon, on s’en fout, gamin. Moi c’est monsieur Fraj. »
   Le monsieur-camarade Fraj en question ne savait visiblement pas très bien lire, et s’entraînait sur les cartes de rationnement des combattants. Sans doute se sentait-il déjà assez diminué par son œil en moins et son nez cassé et ne supportait-il pas de passer pour un analphabète, mais Guban n’était pas encore assez expérimenté pour deviner tout cela.
   Sans lui dire un mot, l’armurier en débardeur lui jeta une paire de bottes de combat, un fusil étranger sans munitions – « les chargeurs allaient arriver » - et une veste ayant manifestement déjà servi au vu de la tache sombre et du rafistolage sur la gauche de la poitrine.
   Sans rien dire non plus, Guban enfila tout cela dans un coin. Il remarqua que les rangers étaient un peu trop petites, ce qui n’avait rien d’étonnant étant donné que sa carte n’avait pas été remplie correctement et lui indiquait près de cinq centimètres de moins.

   Quand il revient pour demander la taille au-dessus, il reçut pour seule réponse qu’elles étaient neuves et se feraient toutes seules avec le temps.
   En réalité, la méthode courante dans l’Armée du Peuple tenait d’avantage du contraire. Les nouveaux se faisaient à l’équipement et aux anciens, qu’ils le veuillent ou non, et le plus vite possible.
   Mais Guban avait bien l’intention de tout faire pour s’intégrer rapidement. Il n’était pas venu ici par hasard. Il avait eu le choix entre tenter de chercher du travail dans son quartier-poubelle, ne pas en trouver et mourir de faim ; plier l’échine devant un baron du crime pour toute la vie, faire des sales boulots et se faire tuer par la police ou une bande rivale ; plier l’échine devant un grand propriétaire terrien pour toute la vie, trimer dans les champs remplis de pesticides et être achevé par un cancer ; ou venir ici.

   Entre être certain de crever couché comme un chien et avoir des grandes chances de mourir d’une balle dans la tête avec assez de rations pour tenir debout, le choix avait été rapide.
   C’était pourquoi il se retrouvait en pleine jungle, avec une carte de l’Armée du Peuple d’Ahax aux informations erronées, des rangers trop petites déjà boueuses, une veste ayant appartenu à un mort et un fusil sans chargeur.
« Modifié: 07 novembre 2009 à 16:15:33 par SonOfKhaine »
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Re : Le Temple de Khaine
« Réponse #16 le: 29 novembre 2009 à 22:10:14 »

Ator', quand tu auras le temps, tu pourras scinder les trois messages précédents dans un topic à part pour Pierres ensanglantées ? Sinon ça risque de se mélanger avec les autres textes que j'écrirai avant de réussir à continuer le récit.

En voici d'ailleurs un, si y'a des gens pour le lire (et ça me fait penser que je ferais bien de commenter un peu plus les autres...)


Déséquilibre

   La nuit régnait dehors, drapée dans un voile de sombre majesté. Tout était immobile, tout était calme, tout était endormi. Pas le moindre souffle de vent, pas le moindre mouvement, pas le moindre son. La stase, comme dans un rêve.
   La lune était à moitié pleine, là-haut dans le ciel entièrement recouvert d’une épaisse masse nuageuse. Impossible de voir l’astre d’argent, mais peu importait, après tout, puisque la barrière masquait aussi les étoiles, ces stellaires hérétiques  au scintillement irrégulier,  tachant la voûte de manière anarchique.

   Un solstice d’hiver à minuit. Si la perfection ne faisait pas partie de ce monde, alors ce soir était hors de l’Univers. Aucun accroc dans ce sublime tableau d’ombres. Rien d’autre que la plus harmonieuse des symphonies, celle du silence.
   Un poète, figé face à la fenêtre de sa tour d’ivoire, contemplait ce ballet statique avec admiration. L’équilibre des ténèbres rayonnantes le submergeait de ses flots sans vagues. Il n’osait plus appliquer le moindre mouvement blasphématoire à sa plume. Son parchemin vierge était plaqué contre la pierre glacée, l’autre côté couvert de vers rayés. Trop imparfaits.
   Tout semblait trop inconstant, trop laid, trop difforme, face à la nuit immaculée. Il avait tout essayé : les alexandrins, d’abord. La césure, ensuite. Un rythme constant, pour finir. Mais les syllabes toujours demeuraient par trois, nombre impair et impie. L’octosyllabe, mètre empli de symétrie, avait semblé convenir.

   Mais les rimes, distordues et dissonantes, continuaient de le narguer. Tous ces sons in-harmoniques, ces diables en musique, agressaient ses oreilles baignées par la muette mélodie d’une mer nocturne et plate. La rime plate, là était la solution.
   Elle ne résolvait hélas pas le problème. Des bruits, toujours des bruits, différents, ricanants, comme une marée démoniaque se riant de lui, loin de l’angélique pureté de la nuit. Le seul moyen d’éradiquer cette horde infernale était un attirail de vers rimant tous ensemble, une armée parfaitement disposée en rangs, une phalange d’acier organisée avec la précision d’une horloge.
    Celle-ci indiquait une heure du matin. Minuit était passé ! Le lendemain approchait, et le temps, ce sable mouvant, ce clepsydre agité, cette montre grinçante aux aiguilles en mouvement, avançait en grondant, serpentant partout avec un visage hideux secoué de sentiments instables !
   La panique poussait des hurlements éraillés au fond de lui. Le poète fit tout pour la contenir et se concentra sur son grand-œuvre. Et la pâle vérité emplit son regard. À l’arrière de ses stoïques lignes se pressaient d’immondes déviants, des troupeaux enragés de démons cacophoniques qui oppressaient sa gorge.

   Il sursauta. La pluie tombait. De plus en plus fort. Des lignes irrégulières de gouttes de tailles différentes attaquaient la scène figée.
   Le mouvement était partout, insidieux adversaire tapi dans chaque recoin. Dans chaque vers s’agitaient des ribambelles de bruits distordus. Il fallait les repousser. Les réduire au saint silence. Les rayer, sans merci.
   Tout remplacer par un seul son. Et supprimer ces monstrueux espaces entre les strophes, qui rompaient la continuité bénie entre les vers.
   Et d’ailleurs, pourquoi donc maintenir ces séparations, pourquoi ne pas tout regrouper sur une seule ligne ?
   Un éclair fusa dans l’obscurité, révélant toute l’imperfection du monde, les gouttes qui coulaient langoureusement le long des feuilles du cerisier, toutes de taille différente. Il hurla devant toute cette insoutenable asymétrie.

   Le ciel l’avait trahi, il abritait en son sein les forces malfaisantes du vent, de l’orage et de l’agitation perpétuelle.
   Et soudain, un semblant de calme sembla s’installer, pour mieux être balayé. Même cette hérésie se riait de la constance, comme pour mieux s’approcher du blasphème ultime. Mais qu’importait, puisqu’il avait figé sur sa feuille la perfection de l’équilibre !
   Il hurla à nouveau. Des consonnes et des voyelles, enchevêtrées dans un chaos impie, hantaient son poème. Précipitamment, il raya les premières, en tentant vainement de s’empêcher de trembler.
   Le vent avait changé de direction, lui faisant à présent face. La pluie qu’il emportait mouilla le parchemin, l’altérant et le profanant au dernier degré par le changement.
   Dans un geste ultime de protection, le poète prononça à voix haute sa pieuse litanie, son rempart de psaume.
   La tempête enragée l’agressait de plein fouet, se déchaînant, accompagnée des ses serviteurs à la hiérarchie toujours changeante, éclairs et nuages.

   À bout de souffle, il réalisa alors pleinement sa folie et son échec. Il devait inspirer et expirer, faire se déplacer l’air. Le mouvement l’avait corrompu. Il avait perdu. Le déséquilibre était partout : descendu du ciel satanique, il avait rallié le monde à sa croisade pécheresse.
   Il fallait s’en éloigner, le plus possible. Le poète, rendu fou de terreur, se rua en courant vers l’escalier, le descendant en trombe, accompagné par le rire dément du vent.
   Par le passé, simplet qu’il était, il n’avait jamais remarqué à quel point tout ce qui l’entourait pouvait être imparfait. Tout était déséquilibré, les murs n’étaient pas droits, le carrelage mal agencé, les rainures irrégulières, la lumière vacillante, le blanc gris ou jaunâtre.
   Ne restait-il-donc que lui, lui seul qui soit sain, au milieu des pestiférés et des possédés, solitaire bienheureux perdu dans cette sinistre comédie ?
   La réponse lui vint. Dantesque. La Divine Comédie ! Satan, cet horrible ver solitaire qui fait au monde un trou, au centre, au point d’équilibre du monde, dans un bloc de glace ! Satan, l’adversaire, seul contre le monde, Satan, révolté contre le ciel impur !
   Il n’était plus le poète, mais le démon, il n’était plus le créateur, mais l’ennemi. Car toute création est imparfaite. Tout ce monde était irrémédiablement corrompu.
   Satan abandonna sa feuille, inutile et porteuse de ses vaines tentatives de création parfaite. Il s’empara du réfrigérateur et le traîna jusqu’aux escaliers menant à la cave.

   Il commença sa descente aux enfers, porteur d’un fardeau qui n’avait rien à envier à celui de Sisyphe, mais lui avait un but.
   Un grand fracas accompagnait son déplacement, mais il n’en avait plus cure, il lui suffisait de l’ignorer. Il était l’esprit qui toujours nie.
   Les marches de béton cognaient contre le métal de sa charge, produisant un vacarme qui résonnait contre les murs étroits chargés de toiles d’araignée.
   Enfin, il parvint au plus point le plus profond, au centre du monde. Satan jeta pêle-mêle dans une autre pièce tous les objets entassés en vrac autour de sa cathédrale.
   Il brancha son enfer, déclenchant un ronronnement de ventilateur. Un bruit continu, gardant toujours la même vitesse et la même fréquence sonore.
   Le bourdon de sa litanie hérétique. Son triton, son diabolus in musica. Le gardien, le dragon, de son septième cercle.
   Il traça cette figure parfaite sur son donjon glacé et sur son torse. Le sang coulait, et ce mouvement devait être arrêté.
   Satan ouvrit le congélateur, enleva les tiroirs remplis d’aliments impurs, les jetant hors de sa nouvelle demeure, et s’y plaça, replié en position fœtale. Il referma la porte, et la lumière s’éteignit, laissant place à l’obscurité complète de son caisson hermétique parfaitement équilibré.
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Re : Le Temple de Khaine
« Réponse #17 le: 03 mars 2010 à 02:39:50 »

Mouarf, ça faisait longtemps (oui, je sais, longtemps que j'ai rien commenté, aussi). Encore un truc d'ado dépressif. "Ne lisez pas, c'est une merde".


Parce que

   Tout le monde était gris, imbibé d’humidité plus ou moins contenue et de tension paresseuse. La fumée restait en suspension : le vent avait cessé de souffler depuis longtemps, depuis que l’éther avait remplacé l’air tellement chacun était high.

   Sam s’était assis dans un coin, pour réfléchir un peu. Histoire de retrouver les bienfaits de la solitude, loin de toute cette masse. On  l’accusait d’être une langue de vipère… Ils s’étaient vus, eux, les petits anges ? Même en se méfiant de toute paranoïa, il ne pouvait pas s’empêcher de penser qu’il y avait une cabale derrière tout ça. Toutes ces conneries l’avaient miné, et rien à l’horizon ne semblait pouvoir lui rendre des ailes.
   On l’accusait même d’avoir laissé Lucy faire, et de… Non, il ne fallait surtout pas qu’il repense à ça, il devait trouver autre chose pour ne pas replonger. Plonger... Mais merde, qu’est-ce qu’ils en savaient, s’il était tombé ou non ? « C’est marqué » ? Ben ouais, bien sûr, et il s’appelait le roi de Babylone ! Putain, mais quels crétins, à ce niveau-là c’était même plus humain. Ou alors simplement humain, en fait. Trop humain. Il le pensait plus ou moins depuis le début, mais sa décision était prise : éradiquer cette espèce de merde apporterait largement plus de bien que de mal.
   Évidement, il ne le dirait pas à voix haute, parce qu’il y aurait un chœur de chérubins pour lui rappeler que c’était trop le mal, et papa ferait de nouveau un de ses discours moralisateurs à la con… Il avait envie de gerber, même s’il eût mieux valu en rire. Il aurait dû filmer le vieux quand celui-ci avait eu vent des foutus ragots comme quoi « Sam aurait commis la fornication avec Lily ». Qu’est-ce qu’il avait eu envie de lui en mettre une dans sa gueule, à ce réac’… Et quand en plus il avait cru ce que lui avaient dit ces salauds à propos de lui et d’Eva !
   Qu’est-ce qu’il aurait bien pu en avoir à foutre de cette blondasse ? Dingue, quand même, à quel point ces sales frustrés pouvaient projeter sur lui leurs fantasmes baveux. Le simple fait d’accorder un regard à cette kikoo-pouffe le dégoûtait déjà. À croire qu’il était le seul ici à attendre autre chose d’une fille que de se faire enculer à quatre pattes et d’avaler quand ça partait. Et depuis le temps, il en venait à se demander si ce n’était pas une bonne idée de se limiter à ça, sans quoi il ne serait jamais satisfait. Bon, y’avait bien Lily, mais… Mais quelle pute, celle là ! Quelle salope ! Quelle salope intelligente… et magnifique, et drôle… et… quelle pute.

   Il bailla et cligna des yeux. Une larme commença à couler de son œil gauche, puis se perdit dans la crevasse de ses cernes. Ce boulot n’était pas si mal, à bien y repenser. Devoir rester éveillé jusqu’au matin en tentant de s’occuper à des conneries pour ne pas penser à ça, et une fois l’aube passée, enfin s’endormir comme une masse. La fatigue n’était pas un manque de sommeil. C’était un mode de vie. Pas la paresse, attention. Pas la paresse. La fatigue. Cette impression permanente de flottement, de déjà-vu, comme une fin voile qui filtrerait un peu la pourriture de ce monde. Pas assez, mais c’était toujours ça de pris. Enfin, de laissé.
   Il se laissa planer dans l’éther. Un des rares plaisirs qu’il avait encore… Était-ce vraiment un plaisir ? Ou juste un moyen de calmer un peu ses douleurs ? Plus les mois s’écoulaient, plus l’extase du début se transformait simplement en une baisse de morosité. Comme avec toutes les drogues, toutes les addictions… Toutes les relations… Ça le minait plus que tout, mais impossible de s’en passer. Qu’aurait-il donné pour un regard sur Elle ? Pour un regard d’Elle ? Il lui aurait suffi de descendre d’un étage, physiquement parlant. Mais il connaissait le vrai prix. L’enfer. Là où, auparavant, le premier était un baume rafraîchissant et le second une torche chaleureuse, un seul des deux suffisait maintenant à le consumer d’un brasier sans pitié, pour finalement le laisser piégé dans un bloc de glace. Mais il n’était ni au centre du monde, ni à la recherche d’un trou, contrairement au rôle qu’on souhaitait lui assigner dans la comédie à laquelle tous participaient sans même le savoir, mais que bien entendu personne ne connaissait.
   Bande d’incultes. Qu’ils crèvent. Loin. Très loin. Il n’irait même pas bouffer leur corps graisseux. À l’inverse de ce qu’on bavait sur son compte, il n’était ni un ver, ni une mouche, ni un serpent. Ni un adversaire. Enfin, dans le cas où ils y tenaient vraiment… Connards. S’il pouvait se venger d’un dixième de ce qu’ils lui avaient fait subir, il les buterait tous jusqu’au dernier. Façon silence des agneaux. Mais évidement, ces moutons gueuleraient comme des porcs avant de mourir comme des chiens. Parce qu’il n’y avait pas marqué « pigeon » sur son front. Ni « vérité » - dommage pour leurs chimères pseudo-artistiques de potiers refoulés reconvertis en potiches.
   Oh, bien sûr, et ils l’accusaient d’être allé faire du pr0n en bas… ouais, sûrement. Non, il n’avait pas en permanence besoin de baiser. Enfin, si, mais il y avait la branlette pour ça. Les seuls qui allaient se vider chez les serviteurs, c’étaient eux. Après, bien entendu, ils lui foutaient tout sur le dos - la responsabilité, hein, pas ce qui en sortait. Parce que d’une, ils n’assumaient pas devant le vieux. Parce que de deux, ces putain de crétins de merde étaient infoutus de penser à la capote ! Ou même de penser tout court, visiblement. Faudrait qu’ils décalottent plus souvent. Enfin bref… Quels cons. Bordel, quand on est dalleux et obsédé au point de faire ça, qu’on est assez débile pour ne pas faire en sorte que ça n’arrive pas et qu’on a un gosse sur les bras, on agit en conséquence ! On ne se barre pas en laissant la mère seule, toute conne et moche qu’elle puisse être. On ne laisse pas le gamin grandir et foutre la merde en frappant les autres. Et c’était lui le méchant ? Enculés…
   Pourquoi est-ce que Lily était retournée voir le mec d’Eva ? Ce type était un putain de crétin. Tout ce qu’il savait faire était de traiter les femmes comme ses esclaves. Et il était infoutu de réfléchir. Comment Elle, si intelligente… Qu’Elle cherche un sex toy, OK. Mais pourquoi cette ordure qui ne pensait qu’à son propre plaisir ? Cette sous-merde était un VHS ! Insert, Avance, Recule, Avance, Recule, Stop, Eject. Peut-être parce que Lily était un DVD : indéniablement plus sophistiquée, mais ça ne l’empêchait pas de tourner, de tourner, de tourner… Bordel, mais Elle était au courant, en plus, qu’il ne valait rien, puisqu’ils avaient déjà sorti ensemble ! Sam était complètement paumé.

   Autant… Autant essayer d’en parler à son père. Il s’approcha de l’escalier, et se souvint qu’il ne pouvait pas monter. Il l’appela. « Papa ? »
   « Je voulais… je voulais te dire un truc. » Il attendit. Pas de réponse. « Papa ? Ben, en fait je pense qu’on a pas assez discuté, que j’ai pas été honnête avec toi. Du coup y’a des choses que t’as mal prises… Désolé. J’avais pas le courage, en fait. »
   « Papa ? T’es là ? »
   Toujours le silence. Absolu, si on exceptait le foutras sonore de ses frères. Papa ne l’écoutait jamais. Il s’en foutait. Ça faisait longtemps qu’on ne l’avait plus ni vu, ni entendu. De quoi devenir existentialiste. Ou nietzschéen. Mais la seconde perspective ne le réjouissait guère, étant donné qu’il ne figurait sûrement pas sur le testament, quelle que soit sa version. Alors autant en profiter. « Papa, t’es une raclure. T’aurais au moins pu nous dire ce qui était arrivé à maman. Parce qu’on en sait toujours rien, au fond… J’suis sûr qu’elle t’a jeté tellement t’es un pauvre type. T’aurais surtout pu fermer ta grande gueule au lieu de baver de la merde 24/24 pendant des années ! Et plus que tout, t’aurais dû te retenir de baiser l’autre salope, t’aurais jamais dû chouchouter comme ça ce sale bâtard de petit hippie ! T’es une raclure, papa ! »
   Comme toujours, il ne disait rien. Et comme toujours, ça criait en bas. Des questions, toujours des putain de questions. Et des demandes. Et quelques mercis, jamais honnêtes. Pourquoi si, pourquoi ça, c’est pas juste, gnagnagna, je te remercie, mais en fait j’aimerais bien, tant que t’y es…
   Il était vraiment censé transmettre toute cette merde ? Elle était où, l’utilité, sachant que même à son fils aîné, le patron ne répondait jamais ? Ah, et ne parlons même pas des quelques crétins qui s’adressaient à lui directement, ceux-là étaient les pires.
   Pourquoi faisait-il autant de mal ? Ben non, désolé, j’ai rien fait, c’est de la faute du vieux, de mes petits cons de frères, ou plus généralement de tes propres conneries, mec.
   Pouvait-il, s’il lui plaisait, punir untel parce qu’il avait péché ? Ouais, et toi t’as pas péché, connard ? Va te faire foutre. Si je pouvais cramer qui je voulais, tu serais sur le haut de ma liste.
   Allait-il signer un autographe ? Ta gueule, le tru3-r3b3l de merde, retourne écouter ton metal de kikoo, te branler devant ton « panthakl » mal tracé, et claquer le fric de tes parents pour voir des guignols cloutés. C’est bien, tu sais écrire trois six, maintenant apprend à compter jusqu’à sept, ça te servira.
   Et les questions théologiques - bon, c’était rarement à lui qu’on les posait, mais quand même - ! Le vieux écrivait comme une merde, cela dit c’était pas une raison. Sam ne répondait jamais à rien, même si on lui parlait directement, mais s’il devait faire une exception, ce serait sûrement pour les boulets de ce genre là. Un bon gros RTFM. Massif. READ THIS FUCKIN’ MANUAL ! Illettrés. De toute façon, il le savait depuis longtemps, l’humanité devait crever.

   Et toujours ce silence. Enfin, ce brouhaha, ça revenait au même. Personne ne se parlait vraiment. Aucune communication. Juste des bruits balancés à la gueule les uns des autres, des faux-semblants, des froufrous, des déblatérations sans fin. Ils en avaient décidé ainsi : Sam était leur adversaire. Leur bouc émissaire. Il les aurait bien tous butés, mais c’était impossible. Alors il n’y avait plus qu’une seule solution. Son unique soulagement serait de savoir que leur prochaine cible réaliserait, à coup sûr malgré sa connerie, à quel point elle se trompait en se conduisant comme un mouton, et qu’à présent elle le payait sévèrement.

   Le monde entier était grisâtre, plein de pluie contenue, et d’orage latent. Les nuages étaient immobiles : le vent avait cessé de souffler depuis longtemps, depuis que, la hauteur aidant, l’air s’était changé en éther. Samaël planta sa lame dans son tronc de l’arbre de vie.
   Parce que, en ce système de la Chute, même les anges ont le droit de mourir.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Sama%C3%ABl

Si vous n'aviez pas compris, je vous invite à une seconde lecture, étant donné que le texte est truffé de références judéo-chrétiennes et kabbalistiques (wikipédia et google sont vos amis).
Dans la plus pure tradition kabbalistique, je vous laisse chercher seuls (il n'y a pas de valeurs numériques à calculer - dans ce texte-ci du moins), mais si vous voulez un relevé détaillé, ne vous gênez pas. S vous voulez aussi chercher ensemble sur ce topic (peu probable, mais bon), lâchez-vous, il vous appartient plus qu'à moi.
Si je vous emmerde avec mes textes à tiroir, dites-le aussi.

Ah, et merci à System of a Down (http://www.dailymotion.com/video/x81yl_system-of-a-down-chop-suey_music).
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Re : Le Temple de Khaine
« Réponse #18 le: 20 mai 2010 à 23:17:22 »

Bon, je poste par principe, en plus ça m'évitera de refourguer ça à un challenge  ;D .

C'est écrit en total one-shot-freestyle, juste une relecture orthographique légère derrière. Et c'est sans intérêt aucun.

Et attention, c'est pas du récit. Je vous mets le moins mauvais des deux en premier pour ne pas vous dégoûter (il date de trois semaines).


Toujours

   E = mc². Ça fait super scientifique de commencer comme ça. Tant mieux, je commence à jouer mon rôle dans la grande pièce qu’est le monde, intégrant ainsi un des concepts primordiaux de la philosophie baroque, née au XVIème siècle et… Foutu psycho-conditionnement. Est-ce que j’organise des oraux blancs de français, moi ? Hein ? Bon. Ou mauvais, en l’occurrence.
   Bref, je disais donc, en termes plus littéraires cette fois, que tout était relatif. Il y a des gens qui souffrent plus que moi, moins que moi, autant que moi, je ne suis pas absolu, et ne suis donc pas une lumière, sauf peut-être pour la célérité à laquelle je déblatère des conneries. Donc, tout est relatif. Mais certains principes sont invariants, tel le fait que l’énergie soit le produit de la masse par le carré de la vitesse d’un photon. Et rien ne peut y changer quoi que ce soit.

   Je serai toujours dans la merde.
   Alors bien sûr, il y a eu, a et aura des situations bien pires que la mienne, la famine, les tsunamis, la charia, Dragon Ball : Evolution, Tchernobyl, le IIIème Reich, les Khmers rouges, le Darfour… J’aurais tort de me plaindre, parce que finalement je ne vais pas si mal, que ce serait égocentriste et égoïste, que je ne sais pas me satisfaire de ce que j’ai, qu’eux aimeraient bien être à ma place, que si je vivais comme eux je comprendrais vraiment le sens du malheur.

   Mais je serai toujours dans la merde.
   Alors, bien entendu, de temps à autres j’espérerai. Une petite pensée douce, un sourire, un moment de bonheur. Des instants où j’aurai l’impression d’autre chose. Des petits riens qui tenteront de faire un tout. Mais ça ne me suffira pas, parce que je suis un éternel insatisfait. Alors j’aurai des idées, des projets, des fantasmes, j’y penserai jour et nuit, mettrai tout sur pied, m’y donnerai corps et âme, ce sera ce que j’appellerai une raison de vivre, et dans un élan de vie, je m’élancerai sans plus compter, me battrai jusqu’à ce que j’aie les doigts en sang, hurlerai jusqu’à l’extinction de voix, marcherai jusqu’à ne plus avoir de pieds, et rirai jusqu’à en avoir mal aux côtes de mon échec.

   Parce que malgré tout, je serai toujours dans la merde.
   Toutes ces envolées, ces charges désespérées, ces barouds d’honneur désespérés et pourtant pleins de foi, ne feront jamais que finir par me ramener dans la boue avec plus de force. Plus j’embrasserai la vie à pleine bouche, plus je me ferai péter les dents. Et quand je n’en aurai plus, je me ferai arracher un rein pour me payer un dentier. Et quand je n’aurai plus un sou en poche, je me ferai vendre comme esclave pour servir de sodomite passif, au moins ce sera officiel. Et enfin, quand il n’y aura plus aucune échappatoire, je continuerai à me faire perforer le reliquat de mes gencives avec les derniers éclats d’ivoire jaunis qu’il restera.

   Et je serai toujours dans la merde.
   C’est écrit. Je ne sais pas où, je ne sais pas comment, je ne sais pas pour qui, mais le fait est là. C’est écrit. Je ne suis pas fataliste. Ni même pessimiste, en fait. Ni vraiment en train de me lamenter. Ça aurait pu être du au fait que je sois con, faible, moche, haïssable en tout points, pédant, ignare, borné, frustré, sans intérêt. En fait je suis limite optimiste, quand on y pense bien (c'est toujours mieux que la supposition selon laquelle le contraire serait marqué, mais que Dieu, non seulement existerait, ce qui serait assez catastrophique, mais en plus serait tellement con ou tellement méchant qu'il ne l'appliquerait pas). Mais vraiment bien, quoi. Genre, faut être motivé. Motivé pour se mentir. Je suis naturellement doué pour ça. Tu vois, je passe mon temps  dire aux autres que je vais mal pour ne pas avoir à me l’avouer. Pour l’instant ça marche. Pour l’instant. Va falloir faire durer ça longtemps, très longtemps.

   J’ai l’éternité à passer dans la merde.
   Autant que ce soit confortable, alors pour alléger ma peine, j’écris, je frappe mon clavier sans relâche pour soulager ma rage, je noircis des feuillets entiers pour tenter d’éclaircir légèrement mon ciel sans lune, je vide des stylos à essayer de remplir mon existence futile, j’accumule les lignes en oubliant la spirale de laquelle je ne parviens pas à sortir, en bref, j’essaye de communiquer avec toi, lecteur, ô mon frère hypocrite comme disait l’autre camé, dans le vain but d’alléger mon fardeau, en bref, comment te dire… Je te fais chier.

   Si tu ne te lèves pas, toi aussi tu vas finir dans la merde.
   Alors vas-y, n’attends plus, élance-toi, pars d’ici, et vis enfin, agis, pense, ressens, brille, éclaire ce monde, décrasse-le de sa mélancolie profonde, gratte la couche de défaitisme qui le recouvre pour le rendre à nouveau étincelant.

   Mais torche-toi le cul d’abord.



Evil sed carbone

Encore une dernière mise en garde : si vous apprêtez à lire cela, réfléchissez bien. Allez voir s'il n'y a pas de vrai texte à disposition. Le net en regorge. Au pire allez vite vous jeter sur un des miens, suffit de taper (pas trop fort) mon pseudal dans la barre de recherche. Et si malgré ça vous insistez... et ben tant pis pour vous. Un jour j'écrirai une pièce et théâtre...

"Ce texte ne sert à rien. Foutrement à rien, totalement à rien. J’aurais pu écrire du vrai, du beau, du juste, de l’utile, du tout, ou rien. Mais non. Je suis le dernier des cons. Et j’aime ça. Le Ça, super freudien comme concept. Freud, c’est de la merde. La psychanalyse, c’est l’art de voir du sexe partout. En attendant j’ai quand même placé une allusion graveleuse dans chaque phrase, et j’en suis fier.
Je parie que t’es même allé vérifier. Crétin. Oui, j’assume, je mets seulement du masculin, et j’assume. Je suis un sale macho sexiste patriarcho-fasciste et homophobe qui veut maintenir le carcan sociétal qui permet l’exploitation de la femme, éternelle prolétaire. J’emmerde Marx, tiens, au passage, mais je pense que c’est clair. Bouh, fuyez moi, je suis un sale faf qui case dans la même phrase des bribes du chant des partisans blancs, Deutschland über alles avec un mauvais accent et la France aux Français tellement je suis con. Pis je me trimballe avec une cagoule fashion de cacacaïste, et le week je crame des croix pour le fnu tellement je suis trop catho-satano-évangélisto-pagano-athée dans ma tête.
Ou pas.

Tiens, et si je faisais du trve black metal à influences reggae ? Une bonne basse mélodique en contretemps boostée par l’equalization de brute sur les fréquences extrêmes, une batterie groovy à la double-croche à plus de 130 battements à la minute, une gratte syncopée avec la disto grésillant qui va bien, un petit I shot da shiriff growlé alterné avec un hail satanas à l’ancienne de temps à autres, on est parti.
Trop-über-international-liberal-white-wood-top-trend, tu peux pas test.

Oh, et j’ai oublié de le dire, mais j’emmerde Nietsche. « Dieu est mort », Nietzsche. « Nietzsche est mort », Dieu. « Vos gueules les crevures », Moi. Ouais, je rosque à un point même pas conceptualisable. Je viens de dénigrer avec du pseudo-argument à la con les trois philosophes de mon programme de l’année prochaine avec lesquels j’ai le plus d’affinités.

Y’a bien Antisthène et Diogène, remarque. Bon, ben je vous emmerde, les vieux grécaillons, par principe, tellement j’ai trop pas de principe dans ma tête, cherchez pas les gens, paradoxe veut dire contre l’opinion et je suis tellement trop un rebelle dans tout le dedans de mon corps que j’emmerde l’opinion, olol.
Allez mourir.

À ce propos, vous connaissez Hégésias de Cyrène ? Lisez, c’est bon (d’ailleurs Nyktalgia un superbe groupe de DSBM a sorti un album nommé Peisthanatos, de toute beauté, en particulier la basse sur Pavor Nocturnus, bien que le titre soit en latin. Mangez-en plein). Oh, et Stirner aussi.

Ce type est mon idole tellement à fond que c’en est crépusculaire (et hop, je fais référence à une référence à Wagner, qui m’amène sur Verdi, j’invente le sel et me mutine contre Pétain qui me décapite pour ne pas m’empêcher de dormir, je pioche trois cartes et Kamoulox !) : toute forme d’idéologie ou de conception philosophico-politique ne sert qu’à aliéner l’Individu, y compris l’individualisme, ce qui explique pourquoi les anarchistes individualistes l’ont récupéré a posteriori (parce que récupérer quelqu’un a anteriori c’est quand même très « concept », avec l’accent british, hein, parce que j’écoute the Beatles so kwieule, avec plein de paillettes s’il-vous-plaît).

Putain, n’empêche, caser des parenthèses de Kamoulox ça peut être fort bon. En y pensant bien. Ou pas, hein. Non, en fait je t’emmerde.

Ouais, certes. Cela dit j’en ai ras le cul de ce putain de truc. Un jour j’irai faire du slam dans le métro, et j’apprendrai à jouer de la guitare en m’achetant un violon pour travailler mon souffle. En attendant je vais me branler. Je suis un procrastinateur d’élite, et ça me convient farpaitement. Surtout que j’ai réussi à caser une contrepèterie quelque part dans ce texte, et que tu t’en es même pas aperçu tellement t’es trop low.
Quoiqu’en y pensant bien, non. Enfin, tu restes une merde, hein. Mais y’a pas de contrepet fonctionnel. Oui, ça fait deux fois que je te dis de chercher un truc qui n’existe pas, et si ça se trouve t’es pas tombé dans le piano. Euh, tableau. Non, panneau. Cours te tuer à coup de figue molle. Loin.

Cthulhu fhtagn. Oui, cette merde devient de plus en plus incohérente. J’irai revendre ça à Marc Lévy, ça va faire un carton. Et le matin quand j’aurai fumé je noterai des phrases que je refilerai, moyennant finances, à JCVD. Je suis tellement intelligent que je suis le meilleur, même dans la connerie. No rage, jeune pomme.
Et ensuite je vais faire une sage mp3, avec un sale micro crachoteux, ma sale voix de puceau (sinon c’est pas drôle) et mes longs cheveux gras. Oui, personne ne les entendra, ils sont un peu dans le vide/l’espace/la nuit/la campagne/la Creuse/ce qui se trouve entre tes deux oreilles/ta mère. Admirez le glissement conatif. Tiens, au fait, va mourir."

... et ferai des confettis avec.
« Modifié: 21 mai 2010 à 01:10:25 par SonOfKhaine »
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Re : Le Temple de Khaine
« Réponse #19 le: 21 mai 2010 à 09:26:17 »

Bon, je répond par principe.

Autant le premier reste lisible que le second est à chier.
Je veux bien développer mais je vais me fatiguer pour rien.  ;)

Après, je ne sais pas le degré de provoc qu'il y a dedans ni le niveau d'estime que tu peux avoir en toi, on ne se connait pas assez pour ça, faudrait qu'on cause IRL pour le savoir.

Vivement la terminale et les cours de philo qui t'y attendent, mais ne portent pas de grands espoirs dedans, personnellement j'en ai appris bien plus après que pendant ces cours édulcorés et insipides qu'une prof a tenté de nous faire passer. Faut dire qu'on avait autre chose à faire que de la philo.

Ce qui serait bien, c'est que tu t'essayes à faire des récits "construits", juste pour voir si tu n'y trouverais pas une partie des réponses qui semblent te manquer.
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