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Auteur Sujet: Le retour d'un Saint  (Lu 681 fois)

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lord Gore-Man

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Le retour d'un Saint
« le: 07 Septembre 2009 à 23:59:55 »

Bonjour à tous,

Je suis en ce moment à mon 12ème chapitre de ce récit de warhammer 40 000, se passant dans les années 40 800 quelques, accompagnant un Inquisiteur un peu paumé, un peu naïf, qui a malgré tout de grands talents et une chance surhumaine. Ça se passe suite à une grande guerre sur une planète(quelques flashbacks et rappels de temps à autres expliqueront au fur et à mesure le contexte dans lequel tous ces gentils personnes évoluent).

Je vous offre le premier chapitre. Il est à noter que la correction finale n'est pas encore effectuée(et cela prendra bien du temps puisque je veux avancer jusqu'à la moitié de mon texte, soit 200 pages, avant de faire le fignolement final).

Sur ce, je vous laisse la lecture, ça fait au-dessus d'une dizaine de pages et c'est le premier chapitre.


Prélude :

L’être humain est un dieu car il peut construire et détruire, tout comme il peut donner la vie et l’enlever.

-Tiré des enseignements de Saint Septimus.


L’Imperium, empire de plus d’un million de mondes habités s’étendant dans toute la galaxie, la Voie Lactée. Dirigée d’une poigne de fer par un conseil de douze hommes se disant être les représentants de la volonté de l’Empereur-Dieu, être immortel qui conquit cent siècles plus tôt la galaxie au nom de la race humaine et de la vérité, accompagné des premiers membres de l’Adeptus Astartes, les Space Marines, des guerriers géants génétiquement modifiés capable de faire ce qu’aucun homme ordinaire ne saurait faire…mais l’homme reste un homme et si le corps est fort, il n’en est pas toujours de même pour l’esprit. Bien vite, une partie de ces troupes d’élite se retournèrent contre l’Empereur et leur chef, le terrible Horus, parvint à blesser mortellement son créateur avant d’être finalement vaincu par ce dernier. Mutilé, brisé au-delà de toute espérance, l’Empereur fut placé sur le Trône d’Or, un engin qui permettrait de le garder en vie même dans la mort et donnerait à son esprit la possibilité de continuer sa vigilance divine afin de protéger l’Humanité des déprédations d’extraterrestres, de traîtres et pire encore.

Dans un tel univers, l’Imperium lutte pour sa survie et est assiégé de toutes parts par des êtres belliqueux qui ne veulent que sa destruction, si parfois des héros se lèvent, ce n’est jamais en nombre suffisant. Dans les centaines de guerres qui ravagent les domaines de l’empire, l’une d’entre elles fut le déclencheur d’un changement qui allait marquer l’humanité jusqu’à la fin des temps. La guerre du monde d’Amosia, où l’Inquisiteur Alexeï Daïmoxe se révéla être, selon les croyances populaires, la réincarnation de Saint Septimus, l’Archange Impérial.




















Chapitre 1 :

Certains cherchent avidement à obtenir l’Immortalité, ne saisissant même pas les implications d’une telle longévité, ne saisissant même pas qu’en comparaison à leur éternité, toute vie ne serait qu’un grain de poussière, qu’ils vivraient jour après jour, année après année, sans même pouvoir imaginer une fin. Même ceux qui aiment assurer la pérennité d’une chose le font en sachant, au plus profond de leur être, qu’une fin attend chaque création, quelle qu’elle soit.

Tiré des enseignements d’Alexeï Septimus.


Le Divine Fury, un croiseur de classe Emperor, bâti sur les chantiers de Mars elle-même il y a de cela des siècles. C’était, comme nombre des navires de la flotte impériale, une relique technologique et d’une puissance difficilement égalée. Faisant plusieurs kilomètres de long et ayant des milliers de membres d’équipage, c’était une gargantuesque construction d’adamantium et de céramite aux allures gothiques renforcées par des kilomètres de statues de chérubins et de gargouilles surveillant les étendues infinies de l’espace d’un œil mauvais tels des prédateurs s’apprêtant à bondir sur leur proie. D’entre ces énormes constructions faisant plusieurs fois la taille d’un homme s’extirpaient des batteries de canons lasers et plasma. Des dizaines de portes blindées faites de deux battants ayant plus d’une dizaine de centimètres d’épaisseur servaient de trappes d’expulsions pour des torpilles à longue et moyenne portée. Tout cet armement était présent pour une seule chose : déployer une tempête de mort et de destruction sur quelconque création qui oserait s’en prendre à cet astrobéhémoth. Tapis dans l’obscurité stellaire, une telle construction était tout de même bien difficile à voir et seules ses nombreuses lumières, semblables à des dizaines d’astres mourants, permettaient encore de le repérer à l’œil nu… seulement, repérer ce navire était mauvais présages pour ses éventuels adversaires, car ceux-ci découvraient vite l’armada qui l’accompagnait.

Un silence de mort régnait sur le navire amiral de la flottille de guerre, son pont au mur de métal recouvert de planches d’un bois semblable à l’acajou qui poussait autrefois sur la Sainte Terra, des millénaires plus tôt, dégageait une ambiance austère qui se mélangeait bien à l’état des discussions qui avaient lieu dans la salle de commandement. Des colonnes gravées d’Aquila et de symboles ésotériques ornaient les murs et s’installaient entre les diverses baies vitrées qui donnaient sur le vide spatial, semblables à des gardiens silencieux s’assurant de la résistance des murs de verre qui formait l’habitacle des gens les plus importants du navire. Des dizaines de serviteurs étaient positionnés à des consoles diverses présentant aux officiers du pont les données sur l’état de la flotte et du croiseur Emperor en lui-même. Ils faisaient le tri avant d’apporter les plus importantes à la connaissance des commandants de bord.

« En approche du secteur Calixis » fit l’officier radar du pont de commandement. Ce dernier se releva, apportant une plaquette de données : une collection des informations récoltées par les divers serviteurs qui scrutèrent les centaines d’années lumières s’étalant devant la flotte. Il appuya sur une touche sur le côté de la planche et une toile formée de faisceaux lumineux verdâtres se matérialisa quelques centimètres plus haut, formant une image en trois dimensions de la carte stellaire de la région spatiale dans laquelle ils s’engageaient.
« Capitale du secteur ? » fit la voix calme de l’Inquisiteur depuis son siège.
« Scintilla, monde ruche habité par plus de vingt-cinq milliards d’habitants » répondit l’officier radar en haussant les sourcils. « Vous n’étiez pas au courant ? »
L’homme dans le siège émit un son semblable à s’il se raclait la gorge mais ne répondit rien, perdu dans ses pensées. Dans les dernières semaines, l’Inquisiteur s’était comporté de cette façon, laissant ses principaux lieutenants dans l’ignorance la plus complète de ses pensées.
Habituellement, Alexeï Daïmoxe possédait un caractère ouvert et jovial, ce qui avait, tout d’abord, surpris la plupart des membres de son état-major nouvellement formé. Bien sûr, ses troupes personnelles le connaissaient relativement bien depuis la campagne militaire qu’il avait fini par mener sur le sol d’Amosia, sauvant la planète d’une destruction certaine. Depuis ce temps, ses objectifs restaient inconnus. Il avait usé de tout son pouvoir pour lever une énorme armée sur le monde d’Amosia et avait rapatrié à ses côtés une gigantesque flotte. Cela avait attiré l’attention de nombreux Inquisiteurs et il se retrouvait désormais entouré de membres des diverses organisations impériales, qui veillaient à s’assurer qu’il fasse bon usage de toutes ces ressources.
Il ne connaissait pas particulièrement le secteur Calixis, bien que ses instincts l’y ait guidé. Ce nom lui semblait étrangement familier, comme s’il y était déjà allé auparavant. Ce qui l’avait réellement poussé vers ce lieu, c’étaient ses rêves, ses nombreuses visions étonnamment floues et claires à la fois. Il avait commencé à les avoir depuis son tout jeune âge, mais elles s’étaient manifestées de façon bien plus marquante lors de la campagne d’Amosia où il su qu’il devait absolument prendre en charge le reste de cette guerre dont la victoire était devenue inatteignable. Peu de gens savaient ce qui le motivait réellement et donc, la plupart des hommes qui le suivaient ne le faisaient que par pure confiance, celle-ci issue du prestige qu’il avait acquis de son éclatante victoire sur le sol Amosien quelques années auparavant.
« À combien de temps sommes-nous de Scintilla ? » demanda l’agent de l’Inquisition.
« À trois jours de voyage Warp, mon seigneur » répondit l’officier radar.
« Bien. Convoquez mon état-major dans ma salle de réunion dans une heure » dit-il, ne visant personne en particulier.
Alexeï se leva de son siège et quitta la salle de commandement, laissant un lourd silence derrière lui, si ce n’était le claquement de talon de ses bottes de cuir noir.

                                                                    ***

Malgré les deux années qu’il avait déjà de service dans la Croisade Fortalissam, le vieil officier n’avait pas encore l’habitude de l’espace et chaque fois qu’il plongeait son regard dans le vide intersidéral, il en restait autant émerveillé. Il ne se sentait pas réellement à sa place, loin d’Amosia, mais il savait que son devoir l’y appelait. Il avait tout abandonné pour l’Imperium depuis les premières années de son âge adulte et il avait continué dans cette ligne d’idée. Il regarda par l’un des hublots de son Thunderhawk la carlingue immense et superbement décorée du Divine Fury, les féroces gargouilles surveillant leur arrivée dans leur étonnante immobilité.
Il avait à ses côtés les meilleurs hommes qu’il avait sous ses ordres et qui l’avaient suivit depuis son monde natal. Ils n’avaient pas changé depuis le temps de leur service militaire dans la nation de Sunka, sur Amosia et leur présence était toujours aussi rassurante.
« Toujours aussi agréable » grommela le lieutenant Rickson en regardant lui-même par son hublot. Son teint était blanchâtre et il avait visiblement l’estomac viré à l’envers par l’image qui se dessinait devant lui et la silhouette du Divine Fury qui s’élargissait de plus en plus n’aidait pas à maintenir son calme. Il craignait à chaque transfert d’un navire à l’autre que l’atterrissage soit manqué et que le Thunderhawk ne percute l’impénétrable blindage du croiseur Emperor.
« Calme-toi, tout va bien aller, tu as fait ce trajet des dizaines de fois déjà et jamais le pilote ne s’est trompé » répondit le capitaine Karlson d’une voix bienveillante tout en ajustant son képi. Il ne le portait que lors des moments cérémoniels sur le navire amiral de la flotte.
L’officier, âgé d’une soixantaine d’années, était encore bien en forme par son exigeante vie d’officier de l’armée impériale. Plutôt petit, il était tout de même relativement large d’épaule et fort. Il était certain que sa musculature n’égalait en rien celle d’Artfrey, son fidèle commandant de charge qui attendait bien calme dans le fond de la pièce…du moins, calme pour son habitude face aux voyages spatiaux. Il tenait entre ses mains une série de trophées qu’il avait récupérés avec le temps. Il les avait tous placés sur une chaîne en argent qu’il portait régulièrement au cou et s’en servait pour compter ses prières habituelles. Il avait six pièces d’armure et d’armes volées à l’ennemi, chacune représentant une conjuration de protection ou de courage. Il jeta un regard inquiet vers l’extérieur mais détourna bien vite ses globes oculaires, se concentrant de nouveau sur ses élucubrations.

Pierce, pour sa part, restait à son aise, il avait une main posée sur le livre de prière attaché à sa ceinture. Il remettait sa vie entre les mains du bienveillant Empereur-Dieu et respirait calmement.
Ainsi, pensa Karlson, qui aurait cru que ce serait les deux hommes les plus courageux qui seraient effrayés.
Il regarda de nouveau par le hublot, voyant les étoiles défiler à toute vitesse entre la carlingue du Divine Fury et du Doubtless, le navire de transport duquel il arrivait. Il regarda son uniforme, s’assurant que sa cravate était bien ajustée, replaçant au passage son collet vert pâle de chemise d’uniforme, celle-ci couverte par sa vareuse verte foncée. L’armée sous les ordres d’Alexeï avait adopté un nouvel uniforme, principalement fait de vert foncé et quelques autres couleurs étaient ajoutées de temps à autre en fonction des champs de bataille.
L’officier de la Garde Impériale regarda ses hommes, s’assurant qu’ils avaient tous sur eux leur pistolet de service. Chacun des hommes présents dans le Thunderhawk étaient des héros de la guerre d’Amosia et avaient donc eu droit à des pistolets lasers finement ornementés et des holsters gravés et rehaussés d’or. Il s’agissait là des meilleures armes fabriquées dans le secteur en terme d’armement à énergie. C’étaient des médailles, en quelques sortes.
Karlson se rappela que Rickson avait souri en recevant son pistolet, disant que c’était la première décoration utile qu’il recevait depuis le début de son service.

Elles étaient loin maintenant les batailles de la vieille Amosia et ils avaient repoussé leur ennemi bien plus loin qu’ils ne l’auraient cru. Les Amosiens, avides de victoire et de vengeance, avaient immédiatement accepté l’idée d’Alexeï d’entrer en croisade pour les pourchasser et leur faire payer tout ce qu’ils avaient fait à la population de leur planète.
« Alors capitaine » fit Artfrey en faisant un sourire nerveux, tentant de se détendre en se changeant les idées. Son collier était rangé sous sa chemise désormais, remarqua Karlson. « ça faisait longtemps que vous aviez vu l’Inquisiteur »
Karlson acquiesça, faisant un sourire en coin entendu. Tout le monde savait que depuis la guerre sur Amosia, un lien spécial s’était tissé entre l’officier et le jeune Inquisiteur. C’était un lien paternel qui avait su profiter aux deux hommes. Les rencontres et les discussions avec son ami manquaient désormais fortement au vieil homme qui savait pourtant que leur prochaine rencontre ne serait guère des plus agréables. Malgré tout, il espérait revoir son ami tel qu’il l’avait connu dans les dernières années.

Beaucoup de membres du personnel de l’État-Major s’étaient questionnés sur l’état de santé mentale de l’Inquisiteur dans les dernières semaines. Il s’était renfermé sur lui-même, n’était qu’une ombre sinistre dans les réunions ou bien dans la salle de commandement du Divine Fury. Il ne voulait plus réellement parler et donner son opinion, ce qui devenait étrange puisqu’il était l’instigateur de la Croisade qu’il s’était octroyée et qu’il avait prise énormément à cœur.

Des voyants lumineux s’activèrent au niveau de la porte avant du Thunderhawk, illuminant quelque peu l’ambiance des plus sombres qui régnait dans la large baie de transport du véhicule spatial. Karlson grimpa l’échelle qui menait au poste de pilotage situé au-dessus de l’espace dégagé menant à la rampe de descente. Il se retrouva entre deux pilotes, dont l’un d’eux était celui qui avait piloté autrefois l’oiseau de métal d’Alexeï.
« Tout est prêt ? » demanda l’officier.
« Ils nous demandent de rester en place en attente que l’aire d’atterrissage ne se dégage » fit le pilote en émettant un soupir exaspéré. « pourriez-vous faire une faveur pour moi, capitaine ? »
Karlson le regarda droit dans les yeux avec un certain sérieux.
« Dîtes toujours »
« Faites savoir à l’Inquisiteur que son ancien pilote personnel aimerait que la voie soit dégagée lorsqu’il veut atterrir »
Karlson sourit tristement. Il trouvait quelque peu déplacé que cet homme demande un tel privilège. Si la piste d’atterrissage était encombrée, c’était certainement car elle était utilisée pour une bonne raison.

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Alexeï Septimus

lord Gore-Man

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Re : Le retour d'un Saint
« Réponse #1 le: 08 Septembre 2009 à 00:00:34 »

                                                            ***

« Je pense qu’il sera mieux que vous veniez sur Lachesis plutôt que de vous présenter au gouvernement de Scintilla » fit la sombre figure d’Anton Zerbe.
« Bien, seigneur Inquisiteur » répondit Alexeï en fixant le seigneur Inquisiteur représenté par les rayons de lumière de l’holosphère. L’image subit quelques distorsions pendant un instant, déformant légèrement la silhouette du membre de l’Inquisition pour ensuite se replacer.
« Comme vous vous en doutez, nous voulions que notre forteresse soit des plus secrètes, il est normal qu’elle ne figure pas sur vos chartes » continua le haut placé impérial.
Alexeï acquiesça, à moitié convaincu. Un Inquisiteur en route vers Calixis aurait dû recevoir ces informations, selon lui, mais il poussa l’idée de côté. Il devait commencer par se faire des alliés et prendre le pouls de la situation avant de commencer à commenter.
« Vous avez quelque chose en tête, Inquisiteur ? » demanda son interlocuteur avec politesse, bien que sa voix sonnait ancienne et desséchée comme les déserts de Tallarn. Cela dit, son âge était difficile à déterminer au vu de l’épais masque fait d’un métal doré qui couvrait son visage, lui donnant une expression d’immobilisme effarante.
Ce dernier fit un signe négatif de la tête et Anton Zerbe ne réagit pas, n’y croyant pas un instant, mais sembla laisser la chose passer.
« Pour quelles raisons votre croisade est-elle venue visiter Calixis ? »
« Comme tout Inquisiteur qui se respecte, seigneur » commença Alexeï avec rigidité et douceur à la fois « je suis mes propres plans et objectifs dans le but d’accomplir la volonté de notre très cher Empereur »
Zerbe acquiesça aux paroles de son jeune subordonné.
« Cette aide militaire ne sera certainement pas de trop dans le secteur, dans tous les cas » continua Alexeï.
« J’ai lu quelque peu sur les troupes que vous avez sous la main. C’est plutôt impressionnant » dit-il d’un ton relativement neutre mais d’une voix puissante, grave et autoritaire.
« Pouvez-vous m’envoyer les coordonnées où je devrai stationner ma flotte ? »
« Je préviendrai le Seigneur Calixis que vous stationnerez vos navires en orbite de sa lune, vous pourrez ensuite nous rejoindre »
« Bien » fit Alexeï calmement. « et puis-je savoir pourquoi vous préféreriez que je vous rencontre avant les membres du gouvernement du secteur ? »
Anton Zerbe prit un certain temps avant de répondre, s’appuyant lourdement vers l’arrière, sur quoi, Alexeï n’aurait pu dire. Il portait une magnifique armure finement décorée et étant certainement pleine de pièges pour quiconque oserait s’attaquer à son porteur.
« Vous connaissez déjà la réponse »
Alexeï fit un sourire en coin et acquiesça. À cet instant, la double porte de la salle de réunion s’ouvrit et plusieurs hommes entrèrent lentement et cérémonieusement, ignorant quelle attitude prendre face à l’Inquisiteur.
« Mes invités sont là, au plaisir de vous rencontrer bientôt, seigneur » dit Alexeï d’une voix basse. Le masque d’Anton Zerbe changea d’angle, indiquant que ce dernier faisait un signe de la tête. Alexeï lui répondit en faisant de même et l’image holographique disparut aussitôt.

Il releva alors les yeux et vit le premier qui avait pénétré la pièce, portant ses habits sacerdotaux d’Amosia, le Cardinal Louis baissa les yeux devant Alexeï, intimidé par la présence et l’aura que dégageait l’Inquisiteur. Le vieil homme marchait calmement, s’appuyant légèrement sur le sceptre terminé en Aquila qui était signe de son pouvoir. Sa calotte rehaussée de l’aigle impérial renvoyait une lueur par l’effet des lampes accrochées aux coins de la pièce et du plafonnier s’étirant en plusieurs lumières finement décorées. Le religieux releva les yeux et rencontra le regard d’Alexeï et y découvrit un certain calme qui le fit décompresser quelque peu. Le second portait un uniforme brodé d’argent et rehaussé d’une corde tressée d’or qui passait de son épaule droite à sa hanche gauche et sur son pectoral de ce même côté étaient disposées des dizaines de médailles fort brillantes. Les bottes de parade de ce dernier étaient cirées tels des miroirs retournant le reflet de l’âme. L’homme fit un salut militaire à Alexeï et ce dernier lui répondit de la même façon. Chacun leur tour, ils prenaient place derrière les fauteuils qui leur avaient été attitrés il y a de cela bien longtemps déjà. Un Astartes entra à son tour, portant une lourde armure énergétique noire finement décorée et dont les épaulières blanches portaient la croix des Black Templars. Alexeï acquiesça au géant qui dominait toute la salle de sa taille gigantesque et ce dernier inclina de la tête poliment avant de se diriger aussitôt vers son siège dont les proportions étaient de loin plus grandes que celles des autres. Il s’assit, faisant grincer les servomoteurs de son armure, ceux-ci projetant un jet de vapeur sous l’effort. La chaise grinça, ses renforts encaissant le poids énorme du guerrier génétiquement modifié.
Plusieurs autres hommes entrèrent : l’astropath Morenak, portant ses robes d’un bleu sombre comme la nuit et ses nombreux sceaux de pureté et hexagrammes de protection visant à le protéger des déprédations du Warp. Il était membre d’un trio d’hommes aux pouvoirs surnaturels, ses deux confrères venant juste d’entrer à sa suite : le psyker primaris Soviris, chef de la division psychique de la Croisade et le Navigateur Ameno, guide de l’Astronomican permettant aux navires de l’armée d’Alexeï de voyager sans perdre le cap. Alexeï acquiesça respectueusement à leur présence et le trio de psykers en fit de même. Ils portaient tous des vêtements semblables, bien qu’Ameno fut habillé avec bien plus de décorations, représentant sa noble famille de navigateurs.
« Ça fait longtemps » commença Alexeï d’un ton entendu avant qu’une dernière personne entrait dans la pièce. Portant l’uniforme réglementaire de parade de l’armée régulière d’Amosia.
« En effet » commenta le nouveau venu en s’approchant de son siège situé non loin de celui d’Alexeï.
« Vous pouvez vous asseoir » fit Alexeï en acquiesçant au capitaine Karlson qui venait tout juste d’entrer. Tous les hommes qui étaient restés debout tirèrent leurs chaises alors que le Black Templar était déjà confortablement installé, si le confort était possible dans une telle armure.
En regardant les hommes rassemblés autour de la table longue faite en acajou et ornée de plusieurs décorations faites d’argent et d’or, il se rappela l’époque des conseils stratégiques d’Amosia. Il revoyait les violents échanges verbaux entre le ministre Jack Sivoual et le Cardinal Louis, ou bien le désespoir d’Eyrona Altaros face à l’attitude bornée des membres du sénat. Il avait vraiment récupéré les meilleurs éléments qu’il avait acquis sur Amosia pour en faire un état-major des plus efficaces.
Il voyait le malaise qu’ils vivaient tous, même Eyrona Altaros qui était d’habitude si peu impressionnable, ne semblait pas à son meilleur. Seul l’Astartes ne semblait guère gêné par la situation.
« Je sais que cela fait un moment que je vous laisse douter du bien fondé de notre mission, que vous êtes dans la brume sans savoir ce qui me passe par l’esprit et dans quoi vous vous êtes embarqués. Je sais que la plupart d’entre vous avez accepté de me suivre par pure confiance et dévouement à la cause que je vous ai présentée. Il est désormais temps que je vous fasse part des raisons qui nous ont mené ici »
Quelques murmures se firent entre les psykers qui semblaient déjà voir ce qui allait se dire. De son côté, l’Astartes leur jetait un regard mauvais. La haine que portaient les Space Marines du chapitre des Black Templars envers les gens ayant reçu le don du Warp était légendaire. Malgré tout, ils savaient les tolérer lorsqu’ils faisaient partie d’institutions impériales primordiales.
« Vous avez pour la plupart tous cru à une victoire complète sur Amosia » fit la voix de ténor d’Alexeï, calme, mesurée. Son regard parcourait les gens assis à droite comme à gauche de la longue table.
« Mais c’est le cas » fit le Cardinal Louis. « Ils ont été repoussés, ces hérétiques sont presque tous morts et nous les avons chassés de notre monde, nous avons tout repris les territoires perdus »
Eyrona Altaros, le Maître de Guerre de la croisade eut un sourire triste en coin, il commençait à comprendre. Il ajusta les manches brodées d’argent et d’or de son uniforme afin de chasser son malaise.
« Il a atteint son objectif premier. Certes, il n’a pas conquis notre monde, mais il a obtenu ce qu’il voulait » dit-il.
Louis tenta de protester mais Alexeï leva calmement sa main, l’intimant d’attendre avant de continuer à parler.
« Le maître de guerre a visé juste » dit-il sombrement. « Belphégor le Trompeur, maudit soit-il, était venu saisir un artefact caché dans un temple ancien »
Altaros resta de marbre. Il se rappelait la ténébreuse bataille non loin de la capitale planétaire, où tous les officiers avaient cru que l’ennemi tentait une offensive pour prendre Ambrosia. Ils avaient écrasé l’armée ennemie à cette bataille, bien qu’ils avaient subit d’énormes pertes. Ils ignoraient qu’ils avaient fait tout cela pour capturer un objet dans les profondeurs du temple le plus ancien de la planète.
« Ainsi, c’était cela le but de leur offensive ce jour là »
« En effet » fit Alexeï. « Ils n’ont pas perdu la guerre pour rien à la suite de cela. Belphégor a tout simplement bien joué ses cartes. Il a provoqué la réorganisation de nos armées, nous a fait perdre du temps, et des ressources à l’Imperium, puisque par la suite il s’est replié avec ses troupes et les forces ennemies restées sur place, désorganisées, se sont faites écraser après quelques mois de résistance »
Altaros secoua la tête.
« Nous n’avons gaspillé aucune ressource pour ce qui est de la réorganisation de l’armée. Elle était nécessaire et sans elle, ils auraient certainement conquis la planète au complet avant l’obtention de leur objectif final, ils n’auraient rien laissé de notre monde »
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Alexeï Septimus

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Re : Le retour d'un Saint
« Réponse #2 le: 08 Septembre 2009 à 00:00:46 »

Alexeï acquiesça.
« Bien sûr, mais où je veux en venir, c’est qu’ils auraient pu arriver directement, frapper fort sur le temple alors que nous nous y attendions pas, prendre leur artefact, et partir sans perdre plus de temps »
Il laissa ses mots faire leur effet et un silence de mort pesa sur les lieux. Alexeï pouvait bien voir que son équipe de psykers semblait fortement mal à l’aise. Comme pour réagir à leur présence, le Space Marine parla.
« Les voies du Chaos sont impénétrables. Il ne sert à rien de tenter de comprendre ce qui se passe dans leur esprit dément » dit-il de sa voix puissante de baryton qui gronda sur toute la pièce.
Alexeï ignora le commentaire du Space Marine et reprit : « Vous m’avez fait confiance. Nous sommes venus jusqu’à Calixis, moi-même ignorant pourquoi. Seuls mes rêves m’indiquaient la route à suivre, mon instinct »
Louis fit le signe de l’Aquila et une courte prière, imité par quelques autres. Karlson, quant à lui, restait de marbre. Il était toujours sceptique du fait que les rêves de l’Inquisiteur soient la réelle source de son savoir. Il comptait plus sur de la chance ou sur une bonne logique, mais en rien sur le subconscient de son ami.
« Nous sommes rendus à Calixis et nous arriverons bientôt en orbite de Lachesis, lune de la capitale du secteur qu’est Scintilla »
« Et pourquoi allons-nous à la lune de la capitale plutôt que sur la planète elle-même ? » demanda Altaros en regardant l’image tridimensionnelle qui était apparue au milieu de la table grâce aux projecteurs hollolithiques intégrés dans le meuble.
« Car Lachesis est la forteresse de la cabale Tyrantine de l’Inquisition » répliqua Alexeï. Voyant que certains ne comprenaient pas, il se retourna, ayant un regard entendu avec les psykers dont le malaise n’était que croissant.
« L’Étoile du Tyrant est une malédiction que possède le secteur Calixis, une étoile sans lumière qui apparaît de temps à autre non loin d’une planète et sème une discorde ténébreuse et l’anarchie du Chaos. L’Inquisition n’est pas encore capable de la classer exactement et son étude est remplie de contradictions et de situations illogiques. Quelque chose me dit que c’est pour cela qu’est venu Belphégor dans le secteur »
Les gens restèrent sceptiques à ce qu’Alexeï venait de dire.
« Avez-vous une preuve de la présence de Belphégor à Calixis ? » demanda Ameno en réajustant ses robes tout en passant une main sur son crâne chauve pour retirer la sueur. Son visage était squelettique, comme tout le reste de son corps et son front était caché par un bandeau qui couvrait son troisième œil, celui que les navigateurs utilisaient pour voir dans le Warp et diriger les navires.
« Une flotte non autorisée ayant emprunté la même route que nous est arrivée six mois plus tôt et s’est frayé un chemin de destruction dans la flotte impériale qui a tenté de la bloquer »
Cette réponse les laissa silencieux.
« J’ai été convoqué par le maître de la cabale Tyrantine sur Lachesis, je verrai ce qu’il a à me dire. Sachez une chose, notre puissance militaire est grande, mais elle ne nous permet pas d’entrer en conflit avec les autorités du secteur. Nous ne sommes pas en croisade cautionnée par l’Adeptus Terra et le rang du Maître de Guerre Altaros est donc interne à notre croisade seulement. Nous ne pouvons donc espérer passer au-dessus des lois »
Louis se redressa sur son siège.
« Mais Alexeï, vous nous avez fait confiance, vous avez témoigné sur Amosia que vous étiez la réincarnation de Saint Septimus ! Pourquoi ne pas révéler votre réelle identité ! »
« Car rien de cela n’est sûr » coupa nettement Alexeï. Malgré tout, il semblait réfléchir à l’idée, sa main droite caressant la barbe de son menton. « dans tous les cas, nous avons une puissance militaire importante et nous ferons notre devoir envers l’Empereur, qui est de protéger ses domaines et ses citoyens »
Il voyait que ce qu’il venait de dire avait blessé Louis, qui était probablement là par pure dévotion envers le culte de Saint Septimus. Il avait combattu aux côtés de l’Archange Impérial lors de son vivant, des années plus tôt et était convaincu de reconnaître en Daïmoxe celui qui fut autrefois son maître.

                                                               ***

Ce fut dans un sifflement strident digne du cri d’une harpie que le Thunderhawk personnel d’Alexeï fendit l’atmosphère puis les cieux pour se diriger vers les coordonnées secrètes de la forteresse Inquisitoriale de Lachesis. Peint en noir et en rouge, le prédateur d’acier faisait contraste avec le ciel complètement blanc de la lune. L’Inquisiteur regarda par le hublot, se rappelant qu’il avait déjà fait une telle descente, convoqué par un seigneur Inquisiteur, il y a longtemps sur un monde qui allait complètement changer son existence.
Amosia.
Il s’en rappelait et la considérait désormais comme sa mère patrie. Il avait découvert quelle était sa vraie vocation à cette époque semblant déjà si lointaine et il s’était fait de véritables alliés et amis, dont une grande partie étaient restés en arrière, morts ou occupés à d’autres tâches. Le véhicule spatial se retrouva bien vite à voler en rase-mottes au-dessus du sol torturé et craquelé de Lachesis. Constitué de pierres beiges et brunes pâles et de sable, le sol se creusait en d’innombrables ravins ou s’ornementait d’océans figés faits de dunes. C’était un paysage spectaculaire qui lui rappela une autre vie, ramenant en lui des souvenirs qui n’étaient pas siens.
Le ciel d’un bleu sans nuage aux dunes faites d’un sable blanc comme neige, l’astre du jour dominant ce paysage aride seulement parcouru par d’atroces tempêtes de sable ou quelques fois par les animaux de la minime flore locale, semblait s’apprêter à s’effondrer, un étrange sentiment le saisissant à la gorge et l’empêchant de respirer, comme s’il savait déjà ce qui allait arriver. Une explosion secoua alors sa droite et d’innombrables cris retentirent aux alentours. Les hurlements de soldats, blessés ou pas, n’existant plus aujourd’hui depuis déjà des années retentirent dans son esprit.
« Le Seigneur Septimus est blessé ! Amenez vite les médecins ! » fit une voix distante alors que l’image s’effaçait peu à peu.
Alexeï cligna des yeux et lorsqu’il reprit conscience de ce qui l’entourait, il vit que tous les hommes présents l’observaient étrangement, un regard d’horreur dévouée au visage.
L’Inquisiteur descendit les yeux vers sa chemise rouge et vit qu’elle était transpercée voire calcinée en plusieurs endroits et un liquide rouge bien plus foncé la tachait à tous ces endroits et avait coulé sur le tissu en de minces filets, laissant des chemins sanglants sur son habit désormais fort endommagé.
« Avons-nous été touché en vol ? » demanda Alexeï, sentant la panique monter en lui alors qu’il voyait que Pierce récitait une ancienne prière depuis le fond de la pièce. Les hommes de Karlson, et ce dernier, avaient été dans les rares à être témoins de l’un des premiers miracles d’Alexeï Septimus sur l’Inquisiteur durant la guerre d’Amosia, une autre apparition stigmate provenant d’une précédente vie.
Cette fois, c’était la fameuse légende du torse labouré. Lors d’une bataille de la croisade de Saint Septimus, il était dit que sa position avait été touchée par un obus alors qu’ils attendaient l’arrivée de l’armée ennemie. Les shrapnels lui auraient littéralement déchiré l’abdomen et une partie de la cage thoracique mais il se serait relevé pour combattre. Malgré tout, lorsqu’Alexeï touchait son corps, il ne vit que d’anciennes cicatrices…qui n’étaient guère les siennes. Il se rendit compte que son souffle était saccadé.
« Du calme jeune homme » fit Karlson d’un ton paternel en s’approchant. Il plia les genoux devant le siège d’Alexeï et le regarda dans les yeux alors que ce dernier tentait désespérément de se rattacher à une réalité tangible qui était actuellement représentée par le sol. Il se le fixa donc comme point de repère.
Le capitaine n’était jamais parvenu à s’expliquer de tels phénomènes et, malgré tout ce qu’il avait vu, réussissait encore à douter de la probabilité d’un événement ésotérique. Il tenta néanmoins de rassurer le jeune homme qui venait tout juste de subir un intense choc psychique. Le souvenir avait complètement traversé son corps comme sa psyché pour le laisser sanguinolent et marqué de blessures surnaturelles. Il parvint bien vite à prendre sur lui et fixa alors Karlson dans les yeux, puis fouilla la salle d’attente du Thunderhawk du regard, vit que les yeux de Pierce brillaient de dévotion et de crainte à la fois.
« Est-ce que ça fait mal ? » demanda Karlson, ignorant ses autres hommes qui se demandaient bien quoi faire pour aider leur maître.
« Non » mentit Alexeï alors qu’il sentait quelque chose d’ancien ramper tout au long de sa colonne vertébrale pour venir se jucher dans sa boîte crânienne. « vous pouvez vous rasseoir, capitaine »
Alors qu’il disait cela, le véhicule se posait non loin de l’énorme forteresse de l’Inquisition, faite de pierres noires polies par l’âge, dominant les dunes et les petites montagnes tel un pieux traversant la cage thoracique d’un malheureux empalé. Des dizaines de bannières ornaient le chemin de l’entrée et plusieurs tourelles de défense s’orientèrent vers l’aéronef afin de couvrir la sortie de ses occupants.

Alexeï enfila aussitôt son tabard tout en passant un jet de liquide désinfectant sur sa chemise rouge afin d’éviter qu’elle dégage l’odeur de l’hémoglobine. Il saisit aussitôt la sangle de cuir de son fourreau et la passa à son épaule, laissant l’arme pendre dans son dos.

La rampe avant du béhémot d’acier retomba lourdement sur le sol, levant un nuage de poussière qui fit tousser les hommes qui sortaient tout juste à l’extérieur. Pour les attendre, il y avait une trentaine d’hommes des troupes de choc et un autre individuel portant le symbole de l’Inquisition en un large médaillon qui dominait sa poitrine. Il ne s’agissait que d’un acolyte, Alexeï le vit bien vite à son apparente jeunesse.
« Je suis l’acolyte Hömberk, mon maître vous attend à l’intérieur, veuillez me suivre » dit-il d’une voix faible qu’Alexeï eut peine à entendre.
Karlson descendit avec les quatre hommes de l’escorte personnelle de l’Inquisiteur. Pierce lui emboîta le pas, alors que Rickson, Artfrey et Charly restaient plus en retrait. Les soldats restaient toujours impressionnés par la vue des troupes de chocs, les meilleurs soldats de l’armée impériale. Celles de l’Inquisition dégageaient d’ailleurs quelque chose de bien plus austère. Ils marchèrent ainsi sous le soleil de plomb de Lachesis. L’astre du jour répandait un éclat laiteux qui se répercutait sur les armes des soldats comme s’il s’agissait là de miroirs.
Alexeï marchait d’un pas lourd mais calculé, ses talons frappant la chaussée faite de dalles de pierre polie par l’usure du temps et érodée par les vents violents qui sévissaient régulièrement sur ce monde. Il avait hâte de repartir, il ne se sentait pas familier, il avait l’impression que l’endroit voulait l’aspirer, le garder prisonnier et extirper son âme de son corps.

Alexeï luttait avec son esprit tellement qu’il ne remarqua jamais les corridors aux murs d’un rouge foncé ornés de plusieurs tableaux et aux sculptures incrustées dans des creux faits dans les murs, représentant des saints impériaux combattant ou mourrant, d’autres œuvres d’art présentant l’état de martyr de certains. Ils passèrent celle du général Drusus, canonisé Saint après la croisade du seigneur militant Angevin plus d’un millénaire auparavant.
C’était d’ailleurs ce dernier qui avait récupéré et ramené dans la lumière un ramassis d’étoiles pour en faire le secteur Calixis. Lorsqu’Alexeï décrocha ses pensées de l’ambiance dans laquelle il baignait, il se rendit compte qu’ils arrivaient devant la double porte de la salle de congrès de la cabale Tyrantine, l’un des plus grands rassemblements de l’Inquisition de tout le secteur. Deux serviteurs cybernétiquement modifiés écartèrent les deux battants géants incrustés de pierres précieuses et dominés d’un énorme Aquila qui se sépara à leur ouverture. Un grincement sinistre, protestation des pentures antédiluviennes qui maintenaient en place les deux morceaux de plastacier renforcé, retentit alors que l’entrée se présentait par la pure force mécanique des gardes qui se remirent bien vite au garde-à-vous alors que l’escorte d’Alexeï pénétrait à l’intérieur.

Un profond silence accueillit ce dernier qui se retrouvait dans un amphithéâtre sombre et richement décoré. À son entrée, des dizaines de servocrânes et de chérubins décollèrent depuis leurs lointains perchoirs pour scruter les nouveaux arrivants. Les portes se refermèrent lentement derrière les membres de la Croisade Fortalissam et de nouveaux chérubins, petites créatures à la peau blanchâtre et greffées d’ailes synthétiques aux servomoteurs émettant un petit frétillement, descendirent avec des encensoirs afin de remplacer les parfums arides du désert et de la poussière par une odeur apaisante et rafraîchissante. Ils virent alors la stature imposante qui les attendait, seule au milieu de la pièce, un masque doré couvrant son visage et portant une lourde armure énergétique finement ornementée et ciselée présentant nombre de signes de dévotion. À certains endroits, il était possible de voir toutes les réparations qui avaient été apportées sur cette cuirasse au fil des décennies.
« Bonjour » dit-il, sa voix tonnant comme les tambours annonçant l’apocalypse « Je suis le seigneur Inquisiteur Anton Zerbe »
Il dégageait une intimidante aura de détermination et de puissance, ainsi que de sagesse.
Alexeï inclina de la tête.
« Je suppose que vous savez qui je suis »
Le masque doré qui couvrait le visage de Zerbe se pencha vers l’avant et remonta tout aussitôt.
« Et vous avez là les respectés lieutenant Rickson, Pierce, Charly, Artfrey ainsi que le glorieux capitaine Karlson »
Les intéressés relevèrent la tête vers le haut placé de la Très Sainte Inquisition et furent surpris. Dans les fentes destinées aux yeux de Zerbe dans le masque se lisait une certaine touche d’amusement.
« J’ai bien sûr lu toutes les informations que j’avais à ma disposition sur ceux qui allaient me rendre visite » dit-il de sa voix grave et intimidante qui avait des relents d’artifice.
« En effet » répondit Alexeï. Faisant près d’un mètre quatre-vingt, il n’était guère imposant face à son interlocuteur qui était plutôt grand pour un être humain. Alexeï se sentait nu face à cet homme, habillé d’un simple tabard noir sous lequel se dissimulait une sombre chemise rouge. De nombreuses décorations s’ajoutaient aussi à la prestance du jeune homme. Plusieurs bagues forgées en symboles ésotériques ornaient les doigts de sa main droite, accompagnées d’une chaîne en argent autour du poignet. Le tout projetait une fragmentation de points lumineux qui s’étendait à plusieurs mètres sous les rayons directs des rares lumières de la pièce. Un triangle rouge était d’ailleurs agrafé sur la poitrine de l’Inquisiteur, présentant un sceptre orné d’une couronne. C’était l’un des nombreux signes de sa tâche, en plus de celui noir et argenté de l’Inquisition qui était situé juste en dessous. Alexeï chassa l’impression d’infériorité qu’il avait face à son interlocuteur aussi vite qu’elle était venue. Il comptait entièrement sur sa foi et il savait que Zerbe n’avait pas, lui, l’arme sanctifiée de Saint Septimus entre les mains.
« Alors, je crois que nous avons à discuter au sujet de votre proie…ce Belphégor » introduisit Anton sans prendre de détour.


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Alexeï Septimus

pouanais

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Re : Le retour d'un Saint
« Réponse #3 le: 15 Septembre 2009 à 18:15:13 »

Hello!

Alors pour tout te dire, j'ai eu du mal à me plonger dans le récit, et c'est pour ça que je ne réponds que maintenant.
J'ai trouvé les premières lignes un peu difficiles, j'aurais tendance à dire que les phrases sont parfois trop longues... mais c'est peut-être aussi parce que je ne suis pas habituée au genre.
Par contre, une fois dedans, je dois dire que l'histoire m'a bien plu : tu manies habilement les descriptions et les actions, et j'ai l'impression que ton écriture est devenue de plus en plus fluide. Bref j'ai envie de connaître la suite  ;D

Par contre je ne connais rien à warhammer 40 000  :-[ peux tu m'en dire plus? as-tu inventé ces personnages et ces mondes ou existaient-ils déjà? Désolée pour mon inculture mais je serais contente que tu m'expliques ;)
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lord Gore-Man

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Re : Le retour d'un Saint
« Réponse #4 le: 16 Septembre 2009 à 03:37:34 »

Salut! Je suis bien heureux de recevoir un commentaire, positif en plus ça m'encourage(vu que j'ai 12 autres chapitre de fait! :P). Pour ce qui est de l'univers, je peux te suggérer de faire une recherche sur le jeux de rôles Dark Heresy, mon texte se passe dans ce sous-développement de l'univers de warhammer 40 000. Les lieux sont principalement inventés par l'univers(bien que je les applique à ma sauce) et seulement quelques personnages(que tu rencontreras plus tard, tels qu'Anton Zerbe et d'autres du genre) sont de l'univers de 40k.

Alexeï, Karlson, Pierce, Eyrona, et bien d'autres, sont de ma création: en bref, tu peux être certain que TOUTE la troupe qui accompagne le héro fait partie de ma création ;)
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